‹ Du Délire FébrileChapitre 17 sur 23 · PNEUMONIE · texte numérisé non relu

PNEUMONIE

Moins fréquent ici que dans les maladies précédentes, le délire se rencontre cependant dans bien des cas de pneumonie. Par rapport aux périodes de la maladie, il n’y a rien de régulier dans son apparition, cependant on l’observe plutôt au moment de la défervescence. Il peut se montrer dès le début, dans le cours de la période fébrile où après la défervescence. Dans sa forme il est moins varié que dans les autres affections. C'est presque toujours un délire d’action, même sous ses formes le, moins accentuées. Les malades veulent se lever, s’habiller, partir, ils ne comprennent pas pourquoi on les retient au lit. Puis le délire augmentant d’intensité, on a un tableau qui ressemble à s’y méprendre à celui d’un accès d’alcoolisme aigu. La ressemblance est si complète que souvent, renonçant à chercher une différence entre le délire pneumonique et le délire alcoolique, de ces malades, on fait des alcooliques.

Cette conclusion s'explique à notre avis d’une façon très naturelle. Nous avons été frappé, en étudiant les intoxications, de voir combien les symptômes cérébraux décrits à cette occasion ressemblaient à ceux que nous avions déjà lus et observés à propos du délire fébrile. Plus notre étude se complétait, plus les analogies nous semblaient dignes de fixer lattention.

Ainsi, avec l'alcoolisme, nous voyons les périodes d’excitation cérébrale, d’agitation, le délire d’action, les hallucinations pénibles, terrifiantes qui portent le malade à

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se lever, à fuir ou par la porte ou par la fenêtre, se croyant poursuivi par des fantômes qui l’obsèdent. Avec l’opium, la morphine, nous trouvons un délire plus calme avec des hallucinations moins pénibles ; dans le tabagisme, l’affaiblissement de la mémoire. Chaque substance donne un petit nombre de manifestations cérébrales variables suivant les individus, sans doute à cause du mode de réaction spécial à chacun (prédispositions, hérédité, autres intoxications antérieures, etc.).

Autre point de ressemblance avec le délire fébrile, la lésion anatomique qui répond à ces désordres fonctionnels est aussi de la congestion des méninges et de la substance cérébrale quandon se trouve en présence de cas de mort par intoxication aiguë.

Ces analogies pourraient nous expliquer un fait que nous avons déjà signalé au commencement de notre travail, la place très variable occupée dans les classifications par le délire fébrile que les uns rapprochent du délire vésanique que les autres rangent avec le délire non vésanique, à côté du délire fébrile ou symptomatique et que d’autres enfin laissent dans une classe à part, ne sachant à quelle catégorie le rattacher.

Nous sommes très disposé à rapprocher Le délire fébrile du délire toxique. Si nous conservons le nom de délire fébrile, c'est en donnant au mot de fièvre un sens spécial dans lequel il est quelquefois employé; fièvre est pris comme synonyme d’infection, de maladie infectieuse et délire fébrile devient l'équivalent de délire infectieux.

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