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CHAPITRE VII

Pronostic. — Diagnostic.

Les avis sont partagés pour savoir si l’on doit attribuer, à la présence du délire fébrile dans une maladie, une valeur pronostique sérieuse. D'une façon générale, on est porté à croire qu’il est plus fréquent dans les cas graves; pourtant, on le voit survenir dans des cas assez bénins. Ainsi, Louis, dans la fièvre typhoïde, a observé 38 cas mortels avec 36 cas de délire et 37 cas guéris avec 39 cas de délire.

M. Angel Money ‘ donne pour la mortalité de 199 cas de pneumonie qu'il a réunis le chiffre de 20 pour 100, et il dit que la présence ou l'absence de délire ne paraissent pas modifier sensiblement Le pronostic.

Il faut tenir compte de ce que, pour chaque maladie, et pour chaque période de la maladie, la gravité du pronostic varie. Ainsi, d’après Thore (Ann. méd. psych.,

p. 162, 1856), le pronostic de la variole n’est nullement aggravé par le délire initial. Il n’en est pas de même

1 Angel Money, loc. cit.

So pour le délire du milieu ou de la fin de l’éruption. Mead a signalé le danger que celui-ci permet de prévoir. Thore a observé ce délire six fois avec quatre décès.

Les circonstances dans lesquelles on a à faire le diagnostic différentiel entre le délire fébrile et le délire vésanique se présentent assez rarement. En effet, quand dans une maladie aiguë on voit se développer des troubles cérébraux, on commence par les attribuer au délire fébrile plutôt que de supposer que, par un hasard bien particulier, le début de la vésanie est venu coïncider avec cette affection fébrile. Bien souvent le diagnostic de folie n’est porté que lorsqu'on voit le délire persister pendant la convalescence, puis après le rétablissement complet des forces physiques du malade. Cependant, d’après les traités de médecine mentale, un certain nombre de caractères permettent de différencier les Symptômes du délire vésanique de ceux du délire fébrile.

« Le délire fébrile est brusque, aigu, transitoire, intermittent ou rémittent; il est plus bruyant, plus incohérent, plus décousu. Les malades battent la campagne, ils marmottent entre leurs dents des mots inintelligibles (mussitation). Cette distinction est à ce point évidente que, chez certains aliénés, lorsqu'il survient une maladie aiguë, cette complication ne se traduit d'habitude pas par une recrudescence de délire existant déjà chez le malade, mais par l’apparition d’un nouveau délire parfaitement reconnaissable à ses caractères pour un délire fébrile, et qui, parfois, se substitue au délire vésa-

nique *. »

1 Régis, Médecine mentale, p. 42.

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