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CHAPITRE PREMIER

Définition.

Le terme de délire fébrile, généralement employé, et consacré par l’usage, a l’inconvénient de comporter en lui-même une interprétation pathogénique.

En effet, cette dénomination, dans l'esprit d’un certain nombre d'auteurs, indique que la fièvre (en prenant ce mot dans son sens le plus précis d’élévation de la température) est la cause du délire.

Or, parmi les observations que nous avons réunies, il s’en trouve plusieurs où le délire s’est montré, soit avant, soit après le mouvement fébrile, dans des moments d’apyrexie complète. C’est ainsi que l’on décrit, avec le délire fébrile, le délire de la convalescence de la fièvre typhoïde ou d’autres maladies.

Il y a dans Pemploi de ce terme un abus de langage manifeste.

L'absence d’un terme meilleur pour désigner le même symptôme, nous l’a fait adopter.

Le nom de délire non vésanique serait préférable, s’il navait déjà été employé avec une autre signification plus générale que celle de délire fébrile. En effet, dans certaines classifications, le délire non vésanique comprend le délire fébrile et le délire toxique.

Délire fébrile serait donc à rejeter. Nous le conserverons cependant, pour nous conformer à l’usage, sans attacher à l’union de ces deux mots la signification précise qu’on est tenté de leur attribuer.

La définition que nous avons donnée en tête de l’introduction: « On désigne sous le nom de délire fébrile, Les troubles cérébraux qui surviennent, à titre de complication, dans les affections aiguës », peut être assez facilement critiquée, parce que sa compréhension est trop étendue.

Aïnsi, prenons le cas, et il serait facile d’en citer des exemples, où le début d’une vésanie vraie coïncide avec une maladie infectieuse, qui a pu lui servir de cause occasionnelle ; ce cas n’est pas exclu par notre définition, et cependant il ne peut rentrer dans le cadre du délire fébrile.

La distinction entre le délire vésanique et le délire fébrile peut être, en certaines circonstances, extrêmement difficile à faire au lit du malade, quoique certains caractères tirés de la symptomatologie spéciale du délire fébrile (voir chapitre VIT) permettent souvent d’y arriver. Cest alors surtout qu’il est important de s'informer des antécédents héréditaires et personnels du malade, pour aider au diagnostic. La marche du délire, sa persistance, peuvent encore entrer en considération.

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Quand la vésanie survient ainsi accidentellement, pen dant une maladie aiguë, ce n’est plus, à proprement parler une complication de la maladie principale, c’est plutôt une affection intercurrente, évoluant indépendam ment de la première.

Nous aurions voulu, dans la définition du délire fébrile, faire intervenir quelques-uns de ses caractères spéciaux, mais à moins de parler de l'interprétation pathogénique qui sera donnée plus loin, il n’est pas un seul caractère commun à tous les cas de délire fébrile, autre que celui de faire son apparition pendant une maladie aiguë. Ni la forme du délire, ni son intensité, ni sa durée, ni le moment exact de son apparition pendant telle ou telle phase d’une pyrexie, ne sont constants. Il peut être bruyant ou calme, intense ou non, durer un nombre de jours ou d’heures quelconque, apparaître avant que les premiers symptômes ordinaires de la maladie se soient manifestés, ou encore pendant la convalescence.

Toute définition, qui aurait voulu être trop complète, risquait d’être trop étroite, et de ne pouvoir s’appliquer à tous les cas que nous considérons.

Nous avons préféré prendre une définition un peu trop large, et être obligé de faire une restriction à propos du délire vésanique vrai.

Ayant à parler d’un symptôme qui se rencontre dans des maladies aussi disparates que celles qui engendrent la fièvre, rien d'étonnant à ce que la définition donnée soit

aussi vague que le serait celle de la fièvre, si, dans cette

dernière, on voulait négliger de parti pris les considérations pathogéniques.

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