HISTORIQUE
Avant le xvu° siècle, on ne trouve rien dans les ouvrages qui indique une distinction faite par les médecins entre délire fébrile et délire vésanique.
Sydenham, l’un des premiers, en 1624, signale des cas de manie survenus à la suite des fièvres intermittentes.
Esquirol et son élève Georget observent des cas de délire dans le cours de la tuberculose, de la fièvre typhoïde, de la variole, du choléra et de la pellagre.
Baillarger (1843) explique deux cas de stupeur observés par lui, pendant la convalescence de la fièvre intermittente, par l’anémie palustre et par l’œdème du cerveau consécutif aux troubles de circulation.
Sébastian (1844), Max Simon (1843) décrivent des cas de manie liée à la fièvre typhoïde et à la fièvre inter-
Au
mittente. Berthier (1861) donne sept observations de fièvre intermittente suivie d’aliénation mentale.
Les thèses de Mugnier (1865), Chéron (1868), ont pour sujet la folie consécutive aux maladies aiguës.
Wille (1869) publie sept observations de psychose liée à la pneumonie.
Béhier (1870) donne; comme pathogénie aux troubles nerveux des maladies aiguës, la dénutrition du système nerveux; Delasiaux, en 1864, avait déja donné la même interprétation; Nasse en 1870, publie un travail basé sur deux mille observations recueillies à asile d’aliénés de Siegburg. Il étudie les formes psychiques liées à une affection typhoïde et adopte comme théorie pathogénique l’anémie cérébrale. Kelp (1871), Wolf (1872) sont partisans de la même théorie. Westphal (1872) observe plusieurs cas de variole et de typhus avec délire. Sans être partisan déterminé d’une théorie, il serait porté à croire que dans ces maladies le délire est dû à une action directe du virus sur les centres nerveux.
Pour la période la plus rapprochée de nous, nous donnerons seulement les noms des auteurs qui se sont occupés du délire fébrile. La plupart d’entre eux seront cités soit à l’étiologie, soit à l’anatomie pathologique, avec indication exacte du titre de leurs ouvrages.
Les principaux noms à retenir sont ceux de : Giraud (1872), Mareschal (1876), Jacobi, Thore, Griesinger, Calmette (1872), Schloz (1873), Biaute (1879), Kræpelin (1880), Christian (1873), Balle (1881), Luys (1881), Rabuske (1881), Mabille (1883), Kirn (1882), Lünz (1886), Schule, Voisin (1883), Magnan, Dagonet, Jaccoud, Doutrebente, etc.
Plus récemment, les thèses de Belous (Lyon, 1888), de
Veysset (Paris, 1887), et de Chardon-Fleuret (Lille,
1889), traitent du rapport des maladies mentales ou des troubles nerveux avec les maladies infectieuses.