LE DÉMON O APRÈS PLATON
a ti'ouvé Socrate sur la porte de la. maison voisine ; mais « quHl n'avait point voulu venir, quelque chose qu'on a lui eût pu dire. — Voilà une chose étrange, dit Agace thon. Retourne et ne le quitte point qu'ail ne soit « entré. — Non, non, dis-je alors, laissez-le; il lui a arrive souvent de s'arrêter ainsi, en quelque endroit « qu'il se trouve. Vous le verrez bientôt^ si je ne me « trompe ; ne le troublez pas , et ne vous occupez « pas de lui (1). »
Dans le Philèbe, Socrate sinterrompant, dit : « II « me semble qu'un Dieu^ tiç ôswv, m'a rappelé cer- (( taines choses à la mémoire.
PROTARQUE.
« Comment^ et quelles sont-elles ?
SOCRATE
c( Je me souviens, à ce moment , d'avoir entendu dire « autrefois, en songe ou étant éveillé, au sujet du plaisir « et de la sagesse, que ni l'un ni l'autre n'est le bien, « mais que ce nom appartient à une troisième chose dif- « férente de celle-ci, et meilleure que toutes les deux, a
Plus bas :
SOCRATE
« Soit; et sous quelle idée nous représenterons- « nous la troisième espèce, qui résulte du mélange des « deux autres?
(1) Platon, Banquet, trad. de M. Cousin, p. 241 ; du texte grec, p. 169 et suiv.
PROTARQUE.
« C'est ce que tu m'apprendras, j'espère.
SOCRATE
« Ce ne sera pas moi^ mais une divinité, s'il en est « une qui daigne exaucer mes prières (ôsoç [aev oOv àv
PROTARQUE.
0 Prie donc et réfléchis.
SOCRATE
« Je réfléchis, cy.oT.oi ; et il me semble, Protarque^ « quune divinité, aùrwv (ôswv) cpiXoç, nous a été favo- « rable en ce moment.
PROTARQUE.
« Comment dis-tu cela, et à quelle marque le re- « connais-tu?
SOCRATE
(( Je te le dirai : donne-moi toute ton attention (1). »
Les diverses citations suivantes sont bien autrement importantes que celles qui précèdent, et les hallucinations auditives du Philosophe grec y deviennent de plus en plus caractérisées.
(( Au moment de passer Teau, fai senti ce signal « divin qui m'est familier (2), et dont Tapparition m'ar-
(1) Platon, Philèbe, p. 314 et 330 de la traduction de M. Cousin ; p. 227 et 237 du texte grec.
(2) To ^aiaovto'v te xal -h sîwôoç G/.asTo'v y.ct. -j'îpsaôat s-j'Éveto^ 3taî Tiva cowvr.v l^o^a ocùtcôsv ày^oÙCTa'.. (Page 3 H.)