CHAPITRE II
CETTE HISTOIRE EST INCOMPLÈTE, PAR CONSÉQUENT FAUSSE, ET DEMANDE UN COMPLÉMENT, QUI EN EST LA PARTIE LA PLUS IMPORTANTE.
État de la civilisation grecque au temps de Socrale. — Naissance de ce philosoplie ; sa famille. — Jeunesse de Socrate ; il s'adonne d'abord à l'art de la statuaire. — Il le quitte pour se consacrer tout entier à l'étude de la philosophie. — Ses différents maîtres; il devient maître lui-même. — Sa manière d'enseigner. — Ce qu'il enseignait. — Vie militaire de Socrate.
— Sa vie domestique ; ses deux femmes. — Utilité de Xanlippe.
— Pauvreté de Socrate. — Son désintéressement. — Sa manière de se vêtir. — Son éioignement de l'amour grec. — Vie politique de Socrale; sa présidence du sénat. — Son courage contre la populace d'Athènes. — Sa résistance aux ordres tyranniques des Trente. — Vie philosophique de Socrale; sa morale, sa religion. — Accusation capitale portée contre lui.
— Socrale devant le tribunal des Héliastes.— Il est condamné à boire la ciguë. — Son séjour dans la prison; sa mort.
Au temps de la naissance de Socrate^ la terre comptait, suivant la chronologie mosaïque, trois mille cinq cents ans d'existence à peu près; Jésus-Christ ne devait y naître qu'environ quatre cent soixante-dix ans plus lard. Il y en avait près de douze cents qu'Athènes avait été fondée par Cécrops ; et Rome, qui Tétait depuis moins de trois siècles, et qui venait d'instituer ses tribuns, ne devait mettre le pied sur le sol de la Grèce, que deux ou trois cents ans après.
Les colonies grecques de l'Italie, Tarente, Crotone,