LFS TROIS GRANDS DÉMONOGRAPHES
Je crois inutile de faire remarquer tout ce qu'il y a de similitude entre l'histoire précédente et celle de Socrate. C'est, sur une plus petite échelle, le même état intellectuel, ce sont les mêmes hallucinations; c'est la même durée de la maladie dans sa forme exclusivement sensoriale ; un ange seulement au lieu d'un démon. Je ne veux qu'appeler l'attention sur l'écrivain qui a ainsi apprécié ce fait de psychologie morbide et sur les opinions du temps où il vivait.
J. Bodin était une des fortes têtes de cette époquelà, et son livre de la République, alors suivi dans les écoles d'Angleterre, a joui longtemps d'une grande réputation. Gela n'a pas, comme on le voit, empêché l'auteur de croire à toutes les extravagances de la magie et de la sorcellerie, et de raconter sérieusement, comme un fait d'assistance divine par l'intermédiaire d'un ange, l'histoire que je viens d'extraire de sa Démonomanie, J. Wier, qu'il combat en termi-
président Fauchet fut un des premiers qui s'en aperçut ; car, proposant à Bodin d'aller à quelqu'endroit, aussitôt un escabeau se remue, et Bodin dit : C'est mon bon ange, qui i»e fait connaître par là qu'il n'y fait pas bon pour moi. Dans plusieurs autres occasions, quand on lui conseillait d'entreprendre quelque chose, s'il entendait remuer quelqu'un de ses meubles, il disait : Je n'en ferai rien, mon génie me le défend.)) {Naudœana et Patiniana, ou Singularités prises des conversations de MM. Naudé et Patin; Paris, in-12, 1701, p. 13 du Patiniana; voir aussi les pages 1 et 9.)
[Notes de la première et de la deiixième édition.)