‹ Du démon de SocrateChapitre 7 sur 74 · SA FAMFLLE. SOCRATE STATUAIRE · texte numérisé non relu

SA FAMFLLE. SOCRATE STATUAIRE

dont les passions et les vices ne témoignaient que trop de la grossièreté de mœurs d'un passé qui n'était pas encore bien loin.

Or^ pendant que tout cela se passait en Grèce et dans le reste du monde, un enfant^ au Dème D'Alopécie, jouait dans l'atelier de son père, le sculpteur Sophronisque (1), et cet enfant, qui devait, plus tard, à l'exemple de sa mère, la sage-femme Phénarète (2), aider les esprits de ses concitoyens à accoucher (3) de nouvelles idées, d'une nouvelle morale, et presque d'uneiiouvelle religion, cet enfant, c'était Socrate. Il naquit dans la soixante-dix-septième ou la soixante-dixhuitième olympiade, c'est-à-dire, quatre-cent soixantedix ans, environ, avant la venue de Jésus-Christ, le 6 du mois de Thargélion (4), qui tenait des mois de mai et de juin : la précision des dates, au reste, est ici d'une importance médiocre.

Sophronisque voulut faire de son fils un sculpteur (5) .

(i) Platon, 1^^ Jlcihiade , p. 62. — Diogéne-Laerce , lib. II, s. 18. — Elien, Histor. var., lib. 11, cap. i.

(2) Platon, Théétète, p. 62; P' Alcihiade, p. 62. — Diogéne-Laerce, lib. II, s. 18. — Elien, Histor. var.^ lib. H, cap. I.

(3) Platon, Théétète, p. 62, 64, 94 ; Théagès, p. 22. — Plutarque, Questions platoniques, 1, ch. i.

(4) Diogéne-Laerce, lib. II, s. 44. — Plutarque, Sympos., liv. Ylll, quest. 1. — Elien, Hist. var., lib. Il, cap, xxv.

(5) Schol. Aristoph., ad iVw6., act. 11^ se. i. — Théodoret, Grœc. affect. curât., Serm. 1. — Porphyre, ap. îd., ihid., serm. 12.

îl le fit travailler sous ses yeux ; et le jeune Socrate acquit, à ce qu'il paraît, dans Fart de la statuaire, une assez grande habileté (4). On voyait encore, du temps de Pausanias (2), à l'entrée de la citadelle d'Athènes, un Mercure et des Grâces de sa façon, et l'on remarquait que Tartiste avait voilé la nudité de ces dernières, contre ce qui se pratiqua généralement depuis (3). Mais déjà la philosophie commençait à remuer l'esprit du jeune sculpteur ; et on le vit souvent, après la mort de son père, forcé d'exercer, par indigence, une profession à laquelle il ne se sentait point appelé, se laisser aller à la méditation, les mains inactives et le ciseau appuyé sur le marbre (4).

Criton, qui fut, plus tard, un de ses disciples, et son ami peut-être le plus dévoué (5), le tira de cette position pénible, et le mit à même, en fournissant généreusement à ses besoins, de s'adonner tout entier à l'étude des lettres et de la philosophie (6). Socrate alors se livra

(1) Diogène-Laerce, hb. II, s. 19. — Pausanias, lib. I, cap. 22; lib. IX, cap. 35. — Schul. Aristoph., ad Niib., loco supra.

(2) Pausanias, lib. IX, cap. 35. —Diogéne-Laerce, lib. 11, s. 19.

(3) Pausanias, lib. IX, cap. 35.

(4) Diogène-Laerce, lib. H, s. 20.

(5) Platon, Phédon, Criton, Apologie. — Diogène-Laerce, loco suprà,

(6) Diogène-Laerce, d'après Aristoxène, qui avait écrit une vie de Socrate, lib. Il, s, 20, 2i,

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