‹ Du demon de Socrate specimen d'une application de la science psycologique a celle de l'histoireChapitre 18 sur 92 · HISTOIRE ORDINAIRE DE SOC RAT F · texte numérisé non relu

HISTOIRE ORDINAIRE DE SOC RAT F

jadis comparé à un pourceau, à l'occasion de ses propositions honnêtes à Euthydème, Critias fut un de ces Trente. Il se souvint de la comparaison et voulut se venger deson ancien maître. II lui défendit de continuer ses instructions à la jeunesse (1), et lui ordonna de cesser ses exhortations à la vertu (2), dans lesquelles ■il voyait, sans doute, une sorte de critique indirecte de sa conduite. Socrate ne fint pas compte de la défense, et continua son genre de-vie ordinaire. Critias voulut encore le forcer d'aller se saisir, à Salamine, d'un riche citoyen de cette Ile, et de le lui amener, pour qu'iï fût mis à mort, et ses grands biens confisqués. Socrate s'y refusa de nouveau (3). Et remarquez bien que, pour tous ces refus, il jouait sa tête, comme il la joua encore, lorsqu'à la même époque, et contre les mêmes hommes, seul de tous les Athéniens, il défendit inutilement. lé malheureux Théramène, un de leurs collègues, qui s'était séparé d'eux par horreur de leurs crimes, et que Critias fit mourir, après l'avoir rayéde la liste des Trente (4).

Socrate mettait, au reste, tant de simplicité, si peu de forfanterie k résister ainsi a la plus épouvantable

(1) Xékopbon, Memorab., lib. I, p. 716 et seq.; lib. IV, p. 803, — Diogènk-Làerce, lib. II, s. 19.

(2) Xénopkon, Memorab., lib. I, p. 717.

(3) Platon, Apologie, p. 75, 7fi. — Xénophon, Memorab., lib. IV, p. 803. — DiocÈNE-LAEncE, lib. Il, s. 24. '

(4) Diodore de Sicile, Biblioth. Hist., li.b. XIV, s. S.

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