‹ Du demon de Socrate specimen d'une application de la science psycologique a celle de l'histoireChapitre 35 sur 92 · LE DÉMON D'APRÈS PLATON. Ï · texte numérisé non relu

LE DÉMON D'APRÈS PLATON. Ï

s soient plus avancés. Ceux qu'il favorise (■?, toS &tia [iov(ou SùvŒiu;) font, il est vrai, comme tu le dis, a de grands progrès en très-peu do temps; dans les h uns, ces progrès sont fermes et permanents ; pour <r le peste, et c'est le grand nombre, tant qu'ils sont u avec moi, ils profitent d'une manière surprenante, o mais ils ne m'ont pas plutôt quitté qu'ils retournent leur premier état, et ne diffèrent en rien du como mun des hommes. C'est ce qui est arrivé à Aristide, ' « fils de Lysimaque et petit-fils d'Aristide. Pendant a qu'il fut avec moi il profita merveilleusement en « fort peu de temps ; mais, ayant été obligé de partir « pour quelque expédition, ii s'embarqua ; à son retour « il me trouva lié avec Thucydide ; mais la veille, il a était survenu une querelle entre Thucydide et moi « dans la conversation. Aristide étant donc venu me a voir, et, après les premiers compliments et quela ques propos : Socrate, me dit-il, je viens d'appren- « dre que Thucydide ose te tenir tête, et qu'il fait le « superbe, comme s'il était quelque chose. Et il est, a en effet, quelque chose, ré pondis- je. Eh ! quoi, re- « prit-il, ne se souvient-il plus quel pauvre homme a c'était avant qu'il te vit? ïl ne parait pas, lui réplia quai-je. En vérité, Socrate, ajouta-t-il, il m'arrive, «à moi-même, une chose bien ridicule. Et quoi « donc ? C'est, me dit-il, qu'avant de m'embarquer, « j'étais en état de m'entretenir avec qui que ce fût, et « n'étais inférieur à personne dans la conversation.

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« Aussi je recherchais la compagnie des hommes lus « plus distingués, au lieu que présentement c'est tout « le contraire ; tics que je sens qu'une personne est a bien élevée, je l'évite, faut j'ai honte du peu que je « suis. Et cette faculté, lui demandai-je, t'a-t-elle « abandonné tout à coup, ou peu à peu '! Peu à peu, « me répondit-il, Et comment te vint-elle ? est-ce pour « avoir appris quelque chose de moi, ou de quelu que autre manière t Je vais te dire, Socrate, reprit- il, « une chose qui paraîtra incroyable, mais qui est pour- » tant très-vraie. Je n'ai jamais rien appris de toi, u comme lu le sais fort bien. Cependant je profitais u quand j'étais avec toi, même quand je n'étais que dans a ia même maison, sans être dans la même chambre ; n quand j'étais dans la même chambre, j'étais mieux enu core; et quand, dans la même chambre, j'avais les a yeux fixés sur toi, pendant que tu parlais, je senti taù que je profitais plus que quand je regardais a ailleurs; mais je prafdais bien plus encore lorsque a j'étais assis auprès de loi et que je te touchais. Main- « tenant, ajouta-t-il f c'est en vain que je me cherche « moi-môme.

« Tel est, mon cher Théagès, le commerce que l'on «peut avoir avec moi. S'il plat t au Dieu (tû; Oeiô), u tu profiteras auprès de moi, beaucoup et en peu de « temps ; sinon, tes efforts seront inutiles. Vois donc u s'il n'est pas plus sûr pour toi de l'attacher à quela qu'un de ceux qui sont les maîtres d'être utiles,

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