HISTOIRE PSYCHOLOGIQUE DE SOC RATE
ugui m'est arrivée aujourd'hui, et vous apprendra n ce qu'elle signifie. Voici, t> mes juges (car je puis « maintenant vous appeler de ce nom) , la chose exu traordinaire qui m'est arrivée aujourd'hui. Cette voix « prophétique du démon, qui n'a cessé de se faire en- « tendre à moi dans tout le cours de ma vie (i), gui, « dans les moindres occasions, n'a jamais manqué de me « détourner de ce que j'allais faire de mal, aujourd'hui « qu'il m'arrive, comme vous voyez, ce qu'on pourrait « prendre, et cequ'onprend en effet pour le plus grand de •t tous les maux, celte voix a gardé le silence. Elle ne m' a « arrêté ni ce mat in, quand je suis sorti demamaison (2), » ni quand je suis venu devant ce tribunal, ni tandis que n je parlais, quand j'allais dire quelque chose. Cepen- « dant, dans beaucoup d'autres circonstances, elle vint « m' interrompre au milieu de mon discours, mais auo jourd'hui elle ne s'est opposée à aucune de mes actions, a à aucune de mes paroles. Quelle peut être la cause de a cela? Je vais vous le dire. Cesl que ce qui m'arrive n est, selon toute vraisemblance, un bien ; et nous nous « trompons sans doute en pensant que la mort soit un umal. Une preuve évidente pour moi, c'est qu'infailli- «blement, si j'eusse dû niai faire aujourd'hui-, le signe « ordinaire m'en eût averti (3).
(1) H 7àp siuSuia jagi pv.rzu.ii li rsû Sii|iomIod. (Page 92 du
texte giec.) . i' ,
(2) Ejioi Si oSte i&ôm fofliv o'usoflEv ^omnfa ri Tt 5 6 10 5 gngtfM, (Page 92 du texte grec.)
(3) O'j yàf éot' 3i;iu('.ùk ^«BmioSn â> |juh to i!ir)8it anji.iîov, fi
LE DÉMON Ii'aI'BÉS XIÏNOl'HOfl. ^ 17»
« Car ce qui m'arrive n'est pas l'effet du hasard, et a il est clair pour moi que mourir, dès à présent, et être « délivré des soucis de la vie, était ce qui me convenait a le mieux. Aussi ta voix céleste s'est tue aujour- «. d'hui (i). u
Les Memorabilia de Xénophon et Y Apologie qu'il a écrite d'imagination, et d'après des récits seulement, contiennent aussi un assez grand nombre de passages où il est question des hallucinations de l'ouïe de Socrate, en d'autres termes, de son démon: Je citerai textuellement les principaux, et je renverrai pour les autres à ces ouvrages eux-mêmes.
« Socrate reconnaissait les dieux de la république, «puisqu'on le voyait souvent sacrifier dans sa maison a et dans les teniples, et qu'on ne pouvait pas douter h qu'il ne se servit de la divination, vu qu'iV publiait « partout qu'il recevait des conseils d'une certaine di- « vinilé (tô Scti[iôv[ov £auTtj> ot}|*<h'v;iv) (2).
« Il disait franchement qu'un démon le conseillait a (ToSa[[io'viovYàp£œvî d7][iaivEiv),e? assez souvent ilavertisa sait ses amis de ce qu'ils devaient ou ne devaient pas a faire, suivant ce qu'il en avait appris de son démon
jiiÎTi f|«XXoY *p i-faûiv irpiÇtn. (Page !)2 du texte grec; p. llldcla traduction.)
(1) &m Wi «ai l?i sù*«|mG i^i-f^ ti oï^eîw. (Page 93 du texle grec, 120 de la traduction.)
(2) Xénophon, Mcmoraii., lili. 1, p. 10S du grec; p. 2 de la trad, de Charpentier. '