HISTOIRE PSYCHOLOGIQUE DE SOCBATE
« (w;ïoù Sai|iov(ou 7tpooï]|j.ai¥ovTOî); et ceux qui l'ont cru « s'en sont fort bien trouvés ; comme, au contraire; « ceux qui ont négligé ses avis n'ont pas manqué de a s'en repentir (1).
« Quand il croyait que les dieux Pavaient averti de a faire quelque chose, il était aussi peu possible de lui a faire prendre une résolution contraire que si on lui « eût conseille, dans un voyage, de quitter un guide « clairvoyant et très-habile, pour en prendre un qui « eût été tout ensemble ignorant et aveugle... Il re- « gardait avec mépris toutes les adresses de la prua dence humaine, quand il les comparait avec les inspi- « rations divines (2). d
En cet endroit, Euthydème , prenant la parole : « Eh I vraiment, dit-il à Socratè, les dieux vous traitent a plus favorablement que les autres, puisque, sans alten- « dre que vous les interrogiez, ils vous avertissent de ce a que vous devez ou ne devez pas faire (3). »
Dans l'Apologie, Socrate répond à Hermogène, qui l'engageait à se concilier la bienveillance de ses juges par des paroles flatteuses : « De par Jupiter, m'étant « déjà mis deux fois à méditer quelque chose pour ma « défense, mon -génie (tô SaijMvtov) s'y oppose (i).
H) Xéngphon, Memorab., lib. I, p. T08 du grec, p. 3 de la traduction.
(2) tbld., p. 723 du grec , p. S4 do la traduction. ■ (3) Ibid., Hb. IV; p. 802 du grec, p. 338 de la traduction.
(4) Xënopbon, Apologie, p. 702 du grec , p. 49 de la traduction de Bazin. ■ 1
tu hêmon d'apkjès xtooprowt: 184
« peut-être aussi, ajoule-L-il, ce Dieu.(j> faa'c), par.im « ell'et de sa bonté, m'invite-t-il à terminer mes jours, « non-seulement dans le moment lo plus favorable de « la vie, mais de la manière 3a plus douce (1).
« C'est avec raison, que les Dieux (oï Osai) m'ont « empêc/ië de méditer une apologie dans le temps où « je croyais devoir rechercher, de toutes les manières, « ce qu'il . me fallait éviter (2).
u Mais, en vérité, ô Atbéiiiens.çomment peut-on m'ach cuser d'introduire de. nouvelles divinités (x«:và « vyj.)». Serait-ce parce que j'ai dit que Dieu me faisait u entendre une voix qui m'avertissait de ce que je devais « faire (3)î Ceux qui observent le chant des oiseaux «et les paroles inopinées et fortuites appuient cer- « tainement leurs conjectures sur des voix (tfiuvaïï). u Peut-on douter que le tonnerre ne parle (awvsïv), et a que ce ne soit un très-grand augure. La prêtresse de « Delphes n'annonce-t-elle pas, parla voix (ytovîjj, les a oracles qu'elle tient de Dieu (4)? ; .
« Que les Dieux connaissent ceriainement l'avenir « et qu'ils en donnent connaissance à qui il leur plait, u tout le monde le croit et le dit de même que moi.' a Mais il y a des personnes.qui donnent le nom d'au-
(1) XéNornoN, Apologie, p. 702 du texte grec ; p. KO de la traduction. *
(2) Ibid., |j. 102 du leste grec; p. jl de la traduction. -
(3) Ai"[ui ou 6(o0 |iiv (p«Wi çïlutiu nsftahooiM ôti xpi iïsieÎv.
(4) ]bid, } p. 703 du texte grec ; p. S3 de la traduction.
183 HISTOIRB l'SÏUUOLOUiyUE 1)Ë BOCHA1B.
« gures,de paroles fortuites, de présages et de dévias « h ce dont elles tirent ces connaissances, et moi je «l'appelle Dieu ou démon ' (Satfnoviov) ; et je pense « m'exprimer alors d'une manière plus vraie et plus « religieuse que ceux qui attribuent aux oiseaux un « don propre aux Dieux. Mais voici la preuve que je a n'ai rien avancé que de vrai au sujet de ce Dieu (xaxà a toû Oeoû) ; ayant fait part à beaucoup de mes amis de a ses avertissements, il ne s'est jamais trouvé que j'aie « avancé une chose fausse (1 ) . »
Depuis Platon et Xénophon, qui, en parlant du démon de leur maître, n'ont fait que répéter ce qu'ils lui en avaient entendu dire, et même ce qu'ils lui avaient vu faire par Suite de ses inspirations, une foule d'auteurs; plus ou moins voisins de leur époque, ont traité du Génie de Socrate, et ont rapporté, très en détail, des aventures assez curieuses, relatives à ces avertissements. Je vais consigner ici les plus importantes de celles qui ne se trouvent ni dans Platon, ni dans Xénophon.
« On a écrit de Socrate, dit Cicéron, qu'une fois, « ayant vu son ami Cri ton un œil bandé, et lui ayant «demandé ce que c'était, Criton lui répondit, que, « comme il se promenait à la campagne, une branche « d'arbre qu'il avait fait plier s'étant relevée, l'avait « frappé dans l'œil, et que Socrate lui dit alors : Aussi
(1) Ièhofuon, Apologie, p. 703 du texte grec; |>. 54 de la traduction.
LE DÉMOS d'aPHKS l'LL 1A11I.IL I;. S
«pourquoi n'avez-vous pas voulu entendre ma voix a quanti je vous rappelais, après avoir, reçu le divin a avertissement gui m'esf familier (-l)î »
Dans le dialogue de Plutarque, intitulé Du Démon de Socrate, voici la longue histoire que raconte Théocrite, un des interlocuteurs : ,
« Un jour que j'allois chez le devin Eulhyphron, « Socrate marchoit à mont (comme il t'en peust bien a souvenir, Simmias, car tu y étoisaussy), vers le lieu • appelé symbole, et vers la maison d'Andocydes, in- « terroguant par lé chemin toujours et harassant de « questions Euthyphron, par manière de jeu. Et lors il « s'arresla tout soubdain et s'appuya, demourant attent if, a un assez long temps; puis s'en retournant tout court, « s'en alla par la rue des faiseurs de coffres, et feist n rappeler ceulx de ses familiers gui estoyent devant, a pourceque ton esprit hiy deffendoit d'aller par là. Si y « en eusl la plus pari qui s'en retournèrent quant et o luy, entre les quels j'en fus un, suivant tousjours a Eulhyphron : mais quelques aultres jeunes hommes « voulurent-aller tout droictdeproposdcsliberé, comme a pour convaincre l'esprit de Soerates, et attirèrent « avec eulx Charillus, le joueur de fleusle.qni esloit « aussi venu à Athènes,quant elmoy,deversCébès. Et a ainsy, comme ils cheminoyent par devant les faouti- « ques des statuaires, le long du palais où se tient la
(1) CiCKtio>, De divinatione, lib. I, s. U.
i8i IIISTOIIIE PSYCHOI.OGI0CE DE SOCKATE.
a justice, ils trouvèrent, au devant d'eulx, uu grand « troupeau de pourceaux fort serrez, tout couverts « de fange et de villenie, et poulsans tous en foulle, « pour le grand nombre qu'ils esloyent, et qu'il n'y h avoit moyen de se destourner, ils portèrent auicuiïs » de ces jeunes hommes par terre, et enfangèrent « tous les aultres. Si retourna Charilius au logis, les « jambes et les cuisses et tous ses liabillemehs pleins « de boue, de Sorte qu'il nous feit bien soubvenir, avec « grandes risées, de l'esprit familier de Sacrâtes, nous u esmerveillant comme la Divinité n'abandonnait jamais « ce personnage-là, qu'elle n'en eust toujours soing, en « tout et par tout (1). »
Plus bas, dans le môme dialogue, un autre 'interlocuteur, nn Thébain, fait le récit suivant : « A la défaiète « de Délion, Sacrâtes, estant avec Alcibiades et La- « cbès, appella plusieurs fois Pyrilampus, filsd'Anti- „ pkon, et quelques aultres denses amys et de sa bande, « les quels s'enfuyans, avec luy, le long de la monlagne « de Parn'es, feurent atleincls el tuez par nosgentsde « cheval, pou* Savoir pas obey à l'esprit familier de « Socrates, et avoir pris un aultre chemin, à la fuiste « de la bataille, que celuy par où il les guidoit. Je « pense que Simmias inesme l'a ouy comme nous. — Ouy certes, dit Simmïas, plusieurs fois et de plu- « sieurs personnes, car, pour tels exemples, l'esprit fa- (\) Plutakijue, Du Démon nu Esprit familier de Socratc, eh*. 10.
LE DÉMON PREND t'N CORPS. - l&ri a milier de Socrates fatël fort célébré et renommé, ù « Athènes (t). » .
« J'ai souvent esté présent, ajoute, le môme Sima niias, quand Socrates dîsoit qu'il estimait hommes « vaina et monteurs c'en lx qui disoient avoir veu à l'œil « quelque chose de divinité. Et au contraire, ilpres-. a toit l'aureille à ceulx qui disoient avoir ouy quelque « voix, et les enquerroit certes et diligemment ; dont il u nous donnait à penser et conjecture}- entre nous à part, a et à sousp'eçonner que ce démon de Socrates ne jeust a point une vision, tnnis un sentiment de voix et uni « intelligence, de paroles, qui le venoit à toucher par « quelque extraordinaire manière: comme en.sona géant ce n'est pas une voix que les dormans oyent; « mais ce sont opinions et intelligences de quelques a paroles qu'ils ai y dent ouyr prononcer (2). d
Bien loin d'étrcicidel'avis de5immias,oudoPiutarque, Apulée dit au contraire : a Je croirais volontiers « que ce n'était pas simplement par la voix que le gétîe a de Socrate se manifestait à- lui, car souvent ce n'est a pas une voix qu'il avait ouïe : c'est un signe divin qui 11 s'était offert à lut. Or cesïgne peut n'être autre chose « que l'image même du génie, qui n'était visible que pour « Sot-rate, comme la Minerve d'Homère pour Achille.
« Les Pythagoriciens, au dire d'Aristote, étaient « étonnés toutes les fois qu'ils entendaient quelqu'un
(1) Plutahque, Du Dè\non de Sacrale., ch. 19.
(2) U., ïbid., ch. ■33: ... ■
I8« HISTOIHE PSYCHOLOGIQUE DE 60CRÂTE.
a assurer qu'il n'avait jamais vu de génie. Pourquoi
« alors, s'écrie Apulée, Socrate, si semblable aux
a dieux, n'aurait-il pas pu voir le sien (1) ? »
De culte opinion du philosophe de Madaurc, il résulterait que Sacrale était sujet, non pas seulement à des hallucinations de l'ouïe, mais encore à des hallucinations de la vue, et prohablement, en outre, à des hallucinations du tact; et en elïet, ses extases, ses impulsions, les signes variés qu'il disait recevoir, ne permettent guère de douter de l'existence, chez lui, do ces deux ou trois espèces de fausses perceptions.
Socrale, il est vrai, dit, dans les Memorabilia (2) : « Il ii y a des dieux, et ils ont beaucoup de soin des hom- « mes ; mais n'attendez pas qu'ils vous apparaissent, et « qu'ils se présentent à vos yeux. Qu'il vous suffise de a voir leurs ouvrages, et de les adorer; et pensez que « c'est de cette façon qu'ils se manifestent aux hommes. « Car, entre tous ies dieux qui nous sont si libéraux, il .1 n'y en a pas un qui se rende visible pour nousdistri- « huer ses faveurs.» Mais il esl évident que, dans ce passape, le sage f;rec no parle que des grands dieux, des dieux réels, et non des démons ; ef, pas plus que le morceau dePlutarque ci lé plus haut, celui-ci ne prouve qu'il n'ait pas eu d'hallucinations de la vue. Ces dernières, au contraire, semblent se lier nécessairement
(i) Apulée, JJl> Jico Sacralis, dans Ajitdei Opéra omnùi, Lngduni lîalavprum, in-*, 1823, 1. 11, p. 1G0, 107. [2] Lib. IV, p, 802.
tE DÉMON PREND tIN COUPS. 187 an songe de la prison (1 ), où Socrate avait vu s'avancer vers lui (iSôxEi.... ^oaelOoûa*), une belle femme, vêtue de blanc, qui lui annonça su mort prochaine.
Après ces nombreux témoignages, que je pourrais multiplier encore, témoignages pris, soit de la bouche même de Socrate, soit de celle de ses amis, de ses disciples, ou d'auteurs peu éloignés du temps où il vivait, je passe sous silence une foule de détails du même genre qui ne sont, au reste, la plupart du temps, que la répétition, l'abréviation, ou une version différente des premiers; détails qu'Antipater avait réunis en grand nombre (2), et qu'on trouvera dans Diogène- Laerce (3), Aulu-Gelle (4), Élien f 3), Maxime de T/yr (6), Lactance (7),Tertullien (8),Origène (!)),Eusebe(iO),etc. C'est toujours ce même fait général, queSocrate-avait un démon, entendait une voix, qui l'empêchait d'agir quand il ne fallait pas le faire, qui lui annonçait l'avenir pour lui et pour ses amis, qui lui permit même
(1) 'Platon, Criten, p. 102. — Gotfb. Oleàmus, De Socratis Dœtnonio, p. 153.
(2) Cicébon, De divinatione, lib. I, s. 54.
(3) Lib. Il, s. 32.
(4) Naetes attic, lïb. Il, cap. 1.
(5} Historien uan'œ, lib. VUI, cap. I, De Socratia Genio. (6) Dtssertationes 14 et 15 : Quid sil Socratis Deus ? (") DivinaYum insliliitionum, lib. Il, cap. 15.
(8) Apologeticus liber adversus gentts, p. "5 ; dans Opéra omnia, in-folio, Parisiis, 1608.
(9) Contra Celsum, lib. VI, n. 8.
(10) Prieparatio evanqeltca, lib. XIII, cap. 8* n. 13.
18S BISTQIR* PBTCHOLOtilQUE DE SOCRATE, quelquefois de faire des prophéties sur les «flaires publiques, noiamment sur l'expédition de Sicile, et sur relie d'Ionie, dont il annonça le mauvais succès (l).
Indépendamment de cette croyance théosophique ii lui tout à fait personnelle, Socrate, il m'importe de le remarquer de nouveau,- partageait les croyances superstitieuses générâtes (2). Il admettait les dieux d'Athènes ; ii voulait qu'on leur rendit les hommages prescrits par le culte du pays (3) ; qu'on leur offrit des sacrifices, qu'on consultât leurs oracles, qu'on obéît à leurs commandements (4). Xénophon, ayant reçu des lettres de son ami Proxénus, par lesquelles il était in-, vite à passer en Asie, au service du jeune Cyrus, les communiqua à Socrate, et lui en demanda son sentiment; sur quoi il ne reçut aucune réponse de lui, sinon qu'il fallait consulter l'oracle de Delphes. Et Xénoplion étant de retour, Socrate le blâmà d'avoir demandé ce qu'il fallait faire pour se rendre les dieux favorables dans ce. voyage, plutôt que d'avoir cherché à savoir s'il fallait l'entreprendre, ou nùn (">).
()) Platon, Tltêagês^. 21. — PûjtarqÔÉ, Du Démon de Sucrait; ch. 19; Via d'Alcibiade, ch. 31. '
(2) Lactàsi:!;, Divin, instit., lih. III, cap". 20..
(3) Xèîiophon, Metnorab.;iih. l,.p.708, 722 ; lih. IV.p.'sOI!.
(4) ' Platon, Apologie, p. 60, Si, 77; rhédon, \>. 251; Eulhijphron, p. 0 ; Deuxième Aleibiatle, p. 76. — XëHophoh, Memorab., lili. I, p. 708, 709, 727 ; iih. II, p. 7t« ; lih. IV, p. 802, 815. — CicËnON, De divination?., Iih. 1, ri. 3.
. (5) XénophdH, De ea-peditwne C'jri, lili. 111, p. 294. — CinrnoN, lie diuinatione, lib. I," n. M4. " .
SA CROYANCE Al'X SONGES. i8'J s
Socrate, en outre, croyai t aux songes (1 ), et il expose longuement, dans la Répuôligne, les conditions favorables de l'Ame dans lesquelles ils ont de la valeur (2). Il racontait que, la veille du jour où il détourna Platon d'aller' à l'année (3), il en avait eu un dans lequel il voyait un cygne sortir de son sein en chantant, ce qu'il appliquait à Platon et à ses écrits (i). Danslaprî-
(1) Platon, Apologie, p. 77; Philèbe, p. 227; Phédon, p. 137 ; Banquet, p. 230.
(2) a Cura dormienlibus ea pars animf mue mentis et ralicmij sitparticeps sopita langueat ; illaauteminquaferitas quiedam sit atque agrestis immanitas, cum sit immoder rato obstupefiiciapotu atque- paslu, exsullare eamin somno i'mmoderateque jnctari. Itaque' htiic omnia visa objiciu'ntur, a mente ac ralione vacua : ut aut cum matre corpus miscere videatur, aut cum quovis alio vel homme, vel Deo, s.i'jje be Hua, atque ^tiam Irucidare aliquem et Impie cru entai i, muliaque faccri; inqmri', atque îaetre cum leruerttale et impudcnlia. Al qui salubrt et moderato cullu, alque victu quictl se Iradideril, ea parte animi, uu.i menus et consilû est, afiilata cl crecta, aaturataque bonarum cogitatmrium epubs ; caque parte animi , qùœ volu plate alilur, nre inopia oiiectâ, nec saiielate affluerai (quorum utrumque prœstringere aeicm menlis (olet, sivc deesi nature quippiam, sive abundat atque afflitit) ; illa etiam lertia parle animi in quâ irarum essistit ardor, sedata atque reslincta : twm eveniet, dn;il>us animi temerariis partibus compressis, ut illa pars terlia ratio nia et mentis eluceat, et se vegeiam ad somniandum acremque pru?beat : tum et visa quietis occurrent tranquilla atque veracia.n {Cicéron, Ik divinatione, lib. I, n. 29.) '
(3) Elikn, Ilist. var., lib. III, cap. 28.
' (4) Diogkse-Laekck, lib. III, s. 5. — Obicènr, ContYa f>fs«m,lib. VI, a. 8/ "
-MIO HISTOIRE PSTCHOI-OSIOUK DE SOCRATR.
son, avant que In «alere sacrée ffit revenue de Délos, en ayant eu un autre, où cette belle femme, dont il vient d'être question, lui adressait ce vers d'Homère :
« Dans trois jours tu seras dans la fertile Phthie a {!)...
il dit à Critôn que, ce songe signifiant que, lui, Socrate, devant mourir dans trois jours, le fatal vaisseau n'arriverait que le lendemain (2) . Enfin, le jour même de sa mort, il raconta à ses disciples assemblés, que, fiur la foi de songes multipliés, qui l'avaient poursuivi toute sa vie, il s'était enfin décidé à chanter le Dieu dont alors on célébrait la fête, et à mettre en vers je ne sais quelle fabled'Ésope (3)." . . •
Assurément il n'est pas extraordinaire qn'un Athénien, et même un Athénien dé marque, ait donné dans toutes ces erreurs de l'enfance de laraison humaine. Mais que telles aient été également les croyances d'un aussi grand esprit que Socrate, d'un philosophequi admettait unfitresuprême,tel,à peu pres,que celui des chrétiens,
(1.) Homère, Iliade, li'v! IX, v. 363. ; .
(2) Raton, Criton, p. 102. — Cicéros, De divïntd., lit. I, s. 25. — Au lieu de Crilon, Diogcne-Ciérce (lili. H, s. 35) donne ici pour interlocuteur u Socrate, Eschine, un autre de ses disciples. '.
(3) Platon, Phédon } p. 137, 138. — Pi.utabque, Gomment, it faut Sire les pontes, ch. A. — Diogènc-Laërce {lih. Il, s. 42) donne lé commencement de cette Table, ainsi que celui de l'hymne que fit Socrale en l'honneur d'Apollon : Mie Apolln, salve, et Diana, pueri indyti. "«■