‹ Du demon de Socrate specimen d'une application de la science psycologique a celle de l'histoireChapitre 51 sur 92 · OPINION DP. M. COUSIN SL'R LR DÉMON DE SOCRATE · texte numérisé non relu

OPINION DP. M. COUSIN SL'R LR DÉMON DE SOCRATE

a Note de l'Apologie. — Pages 87, 88, 89. — "V a-t-il quelqu'un qui admette quelque chose relatif aux démons, et qui croie pourtant qu'il n'y a pas de démons?

SÈ o5 Mpfgtt (Bekker, p. 110).

« Socrate admettait une révélation surnaturelle qui lui enseignait, en toute occasion, ce qu'il devait faire et surtout ce qu'il devait éviter. Il croyait sentir en lui quelque chose au-dessus de l'humanité qui l'échurait et le dirigeait. Il ne disait pas que ce fût un être positif ; il s'arrêtait au fait dont il avait la conscience, et se servait de l'expression : ?\ SaiwJvtov, non pas un Dieu tout à fait, mais une espèce d'intermédiaire en- Ire lesDienx et les hommes, quelque chose qui appartient à la nature des Démons que la mythologie païennè place entre le ciel et la terre. L'orthodoxie du temps ne reconnaissant pas là précisément ses Dieux, avec leur histoire et leurs noms propres, accuse Socrate de substituera la religion établie wxivi Èai|Aov!tx, c'est-à-dire, une religion nouvelle, fondée sur un mysticisme démoniaque. Soit, répond Socrate à Mélitusjdu moins alors ne suis-je pas alliée. Car enfin tu ne m'accuses pas d'admettre l'accident sans le sujet, l'adjectif sans le substantif. Si j'admets xl3ci[[Advmv,TivàS«i^dvra(sou^ TtfÔYpara , comme îtpâffiaTa îwmxi, itpixY paroi àvÛpunwa, TtpaY|xaT« athpwk, et enfin plus bas expressément Kpiy- |mk« &tpiïMi)j quelque chose de relatif ailx Démons,

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il faut que lu m'accordes que j'admets des Démons, £a(|iovaî. Or, les Démons sont enfants des Dieux ou Dieux eux-mêmes ; donc j'admets les Dieux. Ce passage est très-clair en lui-même. Malheureusement, il a été défiguré par louS les traducteurs, Schleier mâcher excepté, lesquels s'obstinant, contre toule raison logique et grammaticale, à prendre Scttfufvtix substantivement et à le traduire par divinités, font faire à Socrale le raisonnement suivant : Selon , toi, j'admets des divinités, cela suppose que j'admets des Démons; or, si j'admets des Dénions, il s'ensuit que j'admets des Dieux ou des enfants de Dieux; donc j'admets des Dieux, Conclure des divinités, c'est-à-dire, des Dieux "aux Dieux, n'est pas difficile. Mais on contestait précisément à Socrate qu'il admit des Dieux ou des divinités ; et, dans sa croyance à quelque chose de relatif aux Démons, on voyait une preuve qu'il n'admettait pas de. Dieux. C'est donc de laque Socrate devait partir pour prouver qu'il n'était pas athée. On voit maintenant pourquoi dans l'Apologie, j'ai traduit Saiiuwct par que/que chose de relatif aux Démons, ou même par l'inusité démoniaque, pour avoir un adjectif qui conduisit naturellement à Démons, et exprimât nettement le rapport et l'ordredetoutes les partiesdu raisonnement deSocrale.»

« Note du Thêagès. — Page 21)7- La faveur céleste m'a accordé un don merveilleux qui ne m'a pas quitté depuis mon enfance ; c'est une voix qui, lorsqu'elle se fait entendre..... .

• . SUR te DÉMON r»R SOCRATK, 233

"Eut! •(do t) &<ta [ioiso- i:HçeTnSfji.evov £uoi £x tthiSÔï ipÇa- [«vùv 3ai|xoviûv Ëoti touto <pMvi\ $ Stoiv y^vtit«[,.. (Bekker, p. 275.)

a Nous avons établi, dans les notes de l'Apologie, que le tb Sai^ovtov devait être pris adjectivement et non substantivement. Ici se vérifie cette remarque, car si tô Sw.aôviov voulait dire un démon, il serait assez bisarre d'expliquer un démon par une voix, tpwv^ ^. „

« Je conviens que plus bas, p. 276, on lit Jj (pwvJi nû 5ii|ioviou, et Sohleiermacher convient aussi que, cette fois, to ïatfxôviav est pris évidemment pour une personne; mais il ajoute avec raison qu'on chercherait en vain quelque chose de semblable dans l'Apologie et ailleurs. On peut dire encore que l'imitateur de Platon, auquel nous devons le Théagès, faute d'avoir bien compris le sens délicat du tô Sat^oviov de l'Apologie, a bien pu, comme font ordinairement les imitateurs, gâter l'expression platonicienne en la déterminant trop, et convertir une nuance, légèrement indiquée par un adjectif dans le modèle, en une notion positive et fixe, représentée substantivement dans la copie. Ici, j'ai dù me servir du mot génie, par la même, fidélité qui me l'a fait rejeter ailleurs. »

Bien que, dans ces deux notes et surtout dans la première, la pensée de M. Cousin s'enveloppe, comme à l'ordinaire, d'un nuage qui lui donne une forme în- . décise, ce qui me semble pourtant résulter, de. leur

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