‹ Du demon de Socrate specimen d'une application de la science psycologique a celle de l'histoireChapitre 68 sur 92 · SUR LA FOLIE SENSORULE · texte numérisé non relu

SUR LA FOLIE SENSORULE

La vue arôme était meilleure qu'elle no l'est d'ordinaire chez beaucoup de vieillards de l'Age de G. Cette observation est donc des plus curieuses. Mais elle l'est peut-être moins que la suivante, qui a avec elle la plus parfaite analogie, et dont j'ai actuellement (avril 1836) le sujet sous les yeux. La voici réduite à ses traits principaux. '-. '

.-- »* ■ troisième observation.

Folie purement sensoriale, durant depuis quinze ans. — Uallucinaliuns et illusions relatives aux sens du (act, du goût, de l'odorat et de l'ouïe. — Nul autre délire que ces fausses perceptions et les conséquences qui en sont liréea. , , ; -

SïfiOKYMiE. (Celle de 1- observation précédente.) -

h., vieillard sexagénaire, appartenant à la classe aisée de la société, d'un esprit naturel assez, développé et ayant reçu une certaine culture, était déjà en 1822, d'une susceptibilité et d'une défiance assez grandes, lorsqu'il perdit son frère, auquel il était fort attaché, et se mit dans la tête que cette mort était le résultat d'un empoisonnement. Il voulut poursuivre judiciairement ce prétendu assassinat. Son esprit s'exalta davantage, et il se crut lui-même menacé de perdre la vie par ie poison. Cette persuasion, qui depuis ne l'a plus quitté, est fondée sur de fausses perceptions relatives à tous les sens, excepté celui de la -vue. . .' . ' 'l

B. s'imagine qu'un empoisonnes ses aliments; qu'on lui fait respirer de mauvaises odeurs; que, pendant son sommeil, ou son séjour au lit, on lui larde, avec

des instruments piquants, diverses parties de la peau. Il entend des paroles, des discours qui ne sont pas prononcés et qui sont relatifs aux mauvais desseins qu'il croit avoir été formés contre lui. D'autres fois seulement il travestit, suivant ses fausses idées, ce qu'il entend réellement dire à ses oreilles. Ces diverses hallucinations sont on ne peut pins fortes, suivies, déterminées. 11 n'y a pas de jour qu'il ne me fasse flairer ses aliments, ses boissons, ses vûtemonts, ses objets de couehage, auxquels il trouve une odeur, ou une saveur malfaisante, indice manifeste, dit-il, de l'existence du poison. Ces fausses sensations ne s'accompagnent d'aucune incohérence dans les idées, d'aucune erreur de conduite. Qu'on accorde à B, qu'elles sont vraies, et il n'y a rien que de très-logique dans ses paroles et dans ses actions.

Si j'entreprends de les lui combattre, en lui représentant qu'elles pourraient bien n'être que des erreurs, des illusions, les rêves d'un homme qui veille, il va tout de suite au fond de la question, et me répond qu'il n'est pas fou, qu'il sait et sent bien ce qu'il sent; et il n'y a pas à lui dire le contraire. Ses fausses perceptions sont plus fortes, plus nettes, plus suivies que la plupart de nos vraies sensations ; et sa réponse a mes insinuations est celle que m'ont toujours faite

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