‹ Du demon de Socrate specimen d'une application de la science psycologique a celle de l'histoireChapitre 85 sur 92 · IE LA FOLIE ET DE- LA BA1SON · texte numérisé non relu

IE LA FOLIE ET DE- LA BA1SON

autres passions, celles surtout qui ontavee la première des rapports plus intimes de nature et d'objet, finissent par participer à son trouble, ei.de là, chez les aliénés, un mélange désordonné de sentiments et de passions dont les rapports de succession et de génération finissent par devenir insaisissables. ■■" ■

Le premier effet du trouble des passions et de la volonté,- soit dans l'état de raison; soit dans l'état de folie, c'est, d'une part, l'association trop rapide des idées, d'abord sur le sujet de la passion mise en jeu, et. ensuite sur tous ou presque tous les sujets; puis leur désassociation, on plutôt leur association vicieuse^ d'abord sur le- sujet' de la passion prédominante, ensuite sur lés objets des autres passions; enfin sur des faits de pur entendement. C'est, d'autre part; la transformation des idées en sensations, c'est-à-dire lesillusions et les hallucinations, fait psychologique morbide qui est d'ailleurs tout à fait-en harmonie avec l'exagération générale de la sensibilité, si l'on n'aime mieux dire qu'il en est lé résullat.

En définitive, le désordre de la pensée est à celui de la passion ce que l'effet est à la cause; l'expression à la chose exprimée; la pensée rend la passion, comme la parole rpnd la pensée, comme les sons de l'orgue rendent une mélodie, d'une façon discordante, quand la passion, la pensée, la mélodie, ont elles-" mômes ce caractère. Il n'y a pas- demander d'autre pourquoi ni d'autre- comment. Mais peut-fMre ' que

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quelques analogies plus intimes encore, prises' d'étals intellectuels que chacun peut avoir éprouvés par soimême, for ont plus exactement apprécier ce que ressent l'homme passionné ou le maniaque dans le désordre des facultés affectives, dans la désassociation des idées et dans leur transformation en sensations.

Qu'on soit mû à la fois par plusieurs passions modéréeij, mais contraires, ou seulement différentes, il se fait alors dans l'esprit, et souvent pendant longtemps, un singulier mélange, sinon d'impulsions, au moins de sentiments, qui n'ont d'autre rapport entre eux que la simultanéité de leur production. En vain voudrait-on chasser les séries d'idées qui en résultent, ou n'en conserver qu'une seule, les elîbrts qu'on fait à cet égard produisent souvent un résultat opposé. Seulement^ on a la conscience de ce conflit, on sait qu'il doit finir, et l'irrésislibilité des sentiments ne s'étend point aus actes; toutes choses qui n'ont point lien, en général, dans la manie déclarée.

De même, et sans que les passions aient aucunement été luises en jeu, les esprits qui ont rassemblé sur uu certain nombre do sujets différents des idées tant soit peu nombreuses, éprouvent quelquefois une sorte de délire intérieur, et purement idéologique, qui peut mettre sur la voie de ce que doit être dans la folie l'association vicieuse des idées. Dans cet état, ta pensée erre involontairement et souvent bien qu'efle veuille le contraire, sur une foule de sujets qui n'ont

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aucun rapport entre eux. Les idées se croisent, se.heurtent, pour se séparer et se mêler de nouveau. Des pensées, des sentiments auxquels on voudrait ne pas donner son attention reviennent néanmoins plus souvent que d'autres. On fixerait difficilement son esprit sur un sujet plutôt que sur un autre ; quelquefois même on. en est tout à fait incapable. Dans cet état, si l'on pensait tout haut, et qu'on ne s'aperçût pas du: manque d'association des idées, on délirerait. Ce serait de la folie, à laquelle manqueraient pourtant les signes physiques ou extérieurs, et une altération correspondante dans lés déterminations, dans les mouvements et dans les actes.- -

Quant à la forme de l'aliénation mentale dans laquelle les idées, prenant ,à un degré plus ou moins élevé le caractère de sensations externes, deviennent des illusions ,et surtout des hallucinations, on va voir qu'elle peut aussi trouver dans l'état de raison des analogies bien plus marquées qu'on ne serait tenté de lecrpire.au premier. coup d'oeil.

Pour ce qui est desillusions de la folie, je ne.- m'arrête point à noter leurs rapports de similitude avec celles de la .raison ; cette ressemblance est complète, au degré près. Si, dans le monde, en eft'et, l'on ne se méprend sur les personnes que d'une manière passagère, et qui ne tire point à conséquence, en revanche, on s'y méprend sur les intentions, sur le caractère des actes, et cela d'une façon durable et souvent fort

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