‹ Du demon de Socrate specimen d'une application de la science psycologique a celle de l'histoireChapitre 86 sur 92 · S HKCIIF.IUIHR BBS- ANALniilES · texte numérisé non relu

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grave, à l'instar de ce qui se voit dans la manie ; on s'y • * i t- à soi-même, ainsi que cela a lieu dans l'hyjiocondrie déclarée, de* douleurs, des inriispo«-

tiorn, do? maladies ; on s'en ont qui n'existent point ; et l'on voit de ces diverses sortes d'illusions qui sont BÎ tranchées, si habituelles, si irrésistibles, que dans le monde même elles sont (axées de folie. Housse au le [M ■ :. i est un exemple remarquable d'illusious sur les intentions des actes, el il a Iranslnrmc en ennemis acharnes à sa pêne une foule de ses contemporains, dont quuquus-uns ne demandaient pas uheax que d'être ou de rester ses amis, ot dont la plupart avaient tout au plus le tort de s'amuser aux dépens d'une imagination malade et hallucinée.

Hais, s'il est une forme de la folie a laquelle lu raison paraisse ne devoir pas fournir d'analogies, c'est, à coup -.h . i ■' II' qui semble le plus an opposition avec les lois ordinaires de la sensation et de la pensée, ot qui caractérise le plus spécialement el le plus indubitablement la manie, ce sont les hallucinations. Il n'en est pourtant pas ainsi, et celle forme du délire peut trouver , dans l'état de raison, des analogies assez remarquables; ou si l'on veut elle est quelquefois tellement isolée, et parait avoir si peud'inlluenre sur les déterminations, que, dans les cas de ee genre, elle ne semble point incompatible atec le libre exercice de la raison.

Je ne parle point de ces paroles que, dans une conversation ou même dans l'isolement el. le silence, on

DE tA POLIE ET DE LA RAISON. 'CM

croit très-distinctenient entendre, et auxquelles* on répond, soit par d'autres paroles, soit par des actes. Ce sont pourtant bien de véritables hallucinations, qui ne.sontpas plus que les autres le résultat de faction des sens, et qu'on, ne reconnaît poilr telles qu'après vérification. Je ne parle pas davantage des hallucinations bien caractérisées, auxquelles- donne lieu le. délire. de l'ivresse chez certains individus qui ont ,■ comme on le dit et comme ils le disent eux-mêmes, le vin fou; la rai3on, dans ce cas, n'étant pas, à beaucoup près,- intacte, et tout l'organisme étant, momentanément au moin», dans un véritable état pathologique. Je ne veux parler ici que des hallucinations qui' peuvent avoir lieu chez des individus sains d'esprit et de corps. Or, dans ce cas, elles peuvent offrir ce double caractère, que t'individn qui en est atteint les regarde comme de fausses perceptions, qu'il n'est pourtant pas-le maître de faire cesser/ou bien qu'il les considère comme des sensations bien réellement externes, mais auxquelles il donne une cause' extérieure, la plus raisonnable qu'il lui est possible; et en vertu desquelles il se conduit dans certaines de ses actions.

Si ce qu'on raconte de Pascal est vrai, que l'accident dont il avait failli être victime près du pont de Neuiliy lui produisit une telle impression de terreur, que depuis ce moment il crut de temps a autre voir s'ouvrir à ses cotés un abîme de feu prêt à l'engloutir; si, dis-je, ce fait est vrai, Corinne on le croit générant.

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lentent, celle hallucination devait être isolée, en même lemps qu'elle n'était que passagère (1), et elle put pendant longtemps n'altérer en rien la puissante raison de l'auteur des Pensées. On a d'ailleurs d'autres exemples d'hallucinations aussi isolées dans un état de raison, sinon aussi sublime, au inoins aussi intact. C'est là enelïetcequi a lieu dans beaucoup de cas commentants de fol h: purement sensoriale, où pendant longtemps l'individu se rend compte de ses fausses perceptions, les juge telles, en parle dans ce sens, jusqu'à ce qu'enfin, par l'effet de leur répétition et de la continuation de l'état cérébral qui y donne lieu, l'halluciné finisse par devenir réellement maniaque, et par croire vraies les fausses perceptions qu'il ' avait d'abord regardées comme des chimères. Il en est encore de même dans les cas où le délire, soit qu'il ait revêtu constamment une forme purement sensoriale, soil qu'il ait été accompagné d'une incohérence générale des idées, finit, lors de la guérison, par se résoudre en hallucinations très-nettes, très-distincteB, mais dont l'individu, revenu à un état de raison plus solide, apprécie la nature et la fausseté.

Voilà pour les hallucinations momentanées, ou con-

(I) De plus Pascal, tout eu ne pouvant s'y soustraire, la jugeait ce qu'elle était, une sensation fausse. 11 savait que cet abîme était un abyme imaginaire. (Voir le livre sur son Amutelte, publié douze arts après ivs ir cherchés.)

{NoU de ta drumème èdiUon.)

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stiluant et) tout ou en partie un état de mante aiguë. 11 se présente maintenant une autre question. Peut-il exister des hallucinations chroniques, plus ou moins continues, regardées par l'halluciné comme des sensations vraies, compatibles néanmoins avec .un état de raison en apparence complet, et qui permette à l'individu qui en est atteint, non-seulement de continuer à vivre avec ses semblables, mais même de porter.dans sa conduite et dan;: ia gestion de ses intérêts toute la justesse d'esprit désirable? On serait porté à répondre négativement, et pourtant l'observation prouve que ce serait à tort. Dans les- cas de ce genre, l'halluciné, tout en regardant ses fausses perceptions comme vraies, reste dans une sorte de doute sur leur cause, et sur la conformité de leur nature avec celle de ses autres sensations. 11 en fait un ordre de perceptions à part, qu'il rapporte à des causes dont il ne se rend pas bien compte; et si elles ne sont pas fort intenses, si elles, ne portent pas sur des objets essentiels et qui soient des mobiles d'action, 41 les laissera, jusqu'à un certain point, de côté, et elles n'auront d'influence marquée • ni sur ses déterminations ni sur ses actes.

C'est là tout ce qui peut avoir lieu pour nos temps modernes, où, sous peine d'être pris pour un fou halluciné, on ne saurait plus se prétendre en communication avec la Divinité, ou avec des agents surnaturels quels qu'ils soient. Mais à des époques plus reculées, il y a quelque mille ans, dans l'enfance des peuples, il

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