RECHERCHE »ES ANALOGIES
tellement- bien, soijs ce dernier rapport, que ce qui ferait maintenant enfermer un homme dans une maison de fous, ou ce qui du moins lui vaudrait un jugement d'interdiction, faisait de lui, dans les figes reculés, un inspiré, un homme de Dieu, un réformateur des peuples.
11 serait difficile actuellement de savoir quels caractères précis offrit a son début la folie des grands personnages dont j'ai cherché à apprécier la valeur psychologique. L'histoire, qui ne les a jamais vus 0* qu'ils étaient, ne pouvait rien nous transmettre à cet égard ; mais il est probable que leur manie avait eu de prime abord le caractère sensorial qu'elle conserva toujours. Ces hommes éiaient doués d'une sensibilité, d'une imagination tellement ardente, et les impulsions intérieures qui les poussaient vers un but nécessité par les besoins et les croyances de l'époque, croyances et besoins qu'ils partageaient plus que personne et dont ils étaient l'expression vivante ; ces impulsions, dis-je, étaient tellement fortes, que tas idées auxquelles elles donnaient lieu ne tardaient pas ù se convertir en images sensibles, dont ils n'avaient aucun moyen d'apprécier le manque d'objets dans le monde extérieur, et ils ,v conduisaient en vertu de .ces images, comme dans les passions nous nous conduisons en vertu d'impressions presque aussi vives, et qni nous ôtent momentanément tout moyen de comparaison et île choix. Si l'on veut, ce n'étaient pas des fous; mais. c'étaient des hallucinés, comme il n'y en a plus et comme il ne