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pelant ces quelques phrases de Legrand du Saulle : « C’est d’abord avec une répulsion profonde que l’homme accueille les relations de ces drames journaliers. Las de se révolter en pure perte, il proteste ensuite timidement et, comme rien n’est plus tyrannique que l’habitude,. il arrive à une indifférence complète. Peu à peu, ses yeux se reposent avec complaisance sur cette clinique de l'assassinat et 1l va s’assimilant tacitement toutes les particularités insolites de l'acte commis. De là à la propagation sympathique, il n’y a qu’un pas. Plus un crime est entouré de mystère et de circonstances extraordinaires, plus il s'est accompagné de ruse et de raffinement de barbarie, plus les causes en ont été impénétrables, plus les récits de la presse en ont été rendus pittoresques et émouvants, et plus le pouvoir exercé sur l’imagi-
nation humaine et sur l'influence imitatrice est fécond en dangereux enseignements. Un jour viendra peutêtre où les passions, ensevelies dans les replis les plus cachés du cœur, demanderont impérieusement à être assouvies ; les moyens d’exécution font-ils défaut, on interroge ses souvenirs, on recourt au texte et, muni de ces instructions, le bras frappe en calquant ses coups sur ceux dont le journal lui a dévoilé la justesse. »
Enfin, pour être vraiment complet, il faut ajouter que cette fréquence des dépecages est en corrélation avec l’augmentation du crime en général. Or, si le crime augmente, la société ne peut s’en prendre qu’à elle-même. C’est un fait que l'École d'anthropologie lyonnaise a bien mis en lumière et qu'elle se plait à
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répéter. La prépondérance des facteurs sociaux dans l’étiologie du crime est incontestable, et elle se fait d'autant plus sentir que souvent des crimes aussi barbares que le dépecage sont le fait d’aliénés, peutêtre pas de véritables délirants, mais tout au moins de dégénérés. C’est d’ailleurs ce que nous prouvera, dans la suite, l'analyse des faits. Rappelons seulement en quelques mots quels sont ces facteurs sociaux sur lesquels a encore tant insisté le docteur Étienne Martin au dernier Congrès d'anthropologie criminelle, à Amsterdam. Outre l'influence des lois de l’imitation, et le rôle de la presse, ainsi que nous l’avons démontré: outre l'influence des idées religieuses, des lois elles-mèmes et le rôle du milieu, il faut faire une large part à l'alcoolisme, à la syphilis, à la tuberculose, etc., en un mot à tous ces fléaux qui provoquent et créent la plupart des dégénérescences physiques et mentales, et nous ne pouvons que terminer ce premier chapitre en répétant ce que nous disions au commencement de ce travail :
« Les sociétés ont les criminels qu'elles méritent. »