‹ Du Dépeçage CriminelChapitre 13 sur 66 · PENSE · texte numérisé non relu

PENSE

vrai bonheur et notre dévouement n’aura que l’apparence du désintéressement. ?

Le père qui tue son fils pour complaire au Seigneur (sacrifice d'Abraham) fait un acte de soumission héroïque, mais il obéit encore à la même préférence ; rien au monde ne lui semble supérieur à l'amour de son Dieu et ce serait un crime à ses yeux que de sauver le fils dont le Seigneur a voulu la mort.

Bouché-Leclerq, cité par Toutain, tout en attribuant au sentiment de la peur l’origine de la plupart des sacrifices, met en relief l'intérêt caché de celui qui sacrifie : « Les dieux n'étaient pour la plupart ni bons, ni généreux, mais plutôt irascibles, vindicatifs, perfides, sanguinaires, étrangers, pour mieux dire, à la distinction du bien et du mal... Il fallait inventer des moyens d'apaiser et surtout de prévenir: leurs fureurs inexpliquées. Le plus sûr, en somme, était de leur accorder par avance le genre de satisfactions qu'ils paraissaient rechercher, moins amples sans doute, mais présentées avec une déférence qui püt les déterminer à ne pas exiger davantage. De là la nécessité du sacrifice qui est l’acte essentiel et fondamental du culte. » Le croyant sacrifiera une part des produits de son labeur, pour jouir en paix du reste; une société se croira le droit et le devoir de sacrifier quelqu'un de ses membres pour racheter la vie du plus grand nombre... Le sacrifice suppose que la divinité peut se laisser fléchir, en raison de satisfactions qui lui sont offertes. » (Article Sacrifice de la Grande Encyclopédie.) r

Tandis que l'assassin détruit et fait disparaître un

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