‹ Du Dépeçage CriminelChapitre 38 sur 66 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

L’expertise médico-légale dans une affaire de dépeçage et la docimasie hépatique.

Nous ne voulons pas reprendre ici cette longue et délicate question de l'expertise médico-légale dans une affaire de dépecage M. Lacassagne, comme nous l'avons déjà dit, nous a montré qu’à l'heure actuelle, cette expertise était peut-être plus longue, plus compliquée, mais pas plus difficile qu'une opération quelconque de médecine judiciaire.

Ravoux, dans sa thèse, s’est attaché à répondre aux questions que doit se poser le médecin légiste quand il se trouve en présence de cas de ce genre.

. Quelles ont été les causes de la mort? À quand remonte-t-elle ? Le dépecage a-t-il été pratiqué pendant la vie, ou le crime une fois commis ?

S'agit-il d’un dépecage ou de mutilations consécutives, par exemple, à une explosion, à des blessures

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faites par certains animaux? Est-on en présence de

débris anatomiques ? (1).

Enfin comment parvenir à identifier le cadavre dépecé ? Quel est son âge, sa taille, son sexe ?

Nous renvoyons donc, pour l'exposé de toutes ces questions, fort bien traitées d'ailleurs, à la thèse de Ravoux. On pourra consulter aussi, non sans quelque intérêt, une thèse récente de Paris, sur le même sujet, faite par M. Pitoiset.

Ce que nous voulons ajouter ici, est un procédé scientifique spécial, qui devra être, chaque fois qu'on pourra le faire, le complément nécessaire et'obligatoire d’une telle expertise médico-légale. Nous voulons parler de la docimasie hépatique.

« Depuis plus de cinq ans, écrivaient en 1899 MM. Lacassagne et Étienne Martin, dans les Archives d'anthropologie, nous avons entrepris au laboratoire

(1) Dans la récente affaire de l’homme coupé en morceaux à Paris, il fut très difficile aux experts de convaincre les magistrats qu'on se trouvait en présence d’un dépeçage criminel et non pas d’un cadavre ayant servi à des travaux anatomiques.On verra à la fin de ce travail, à la suite du rapportde M. le D' Socquet à ce sujet, le rapport supplémentaire, fait en collaboration avec d’autres experts, qui lui fut demandé, pour affirmer de nouveau qu'il ne s'agissait point de débris anatomiques.

Nous avons eu l’occasion, pendant notre séjour au laboratoire, de prendre part avec M. le professeur agrégé Boyer à une expertise de ce genre. Il s'agissait d’une jambe qui avait été retirée du Rhône, près du pout des Facultés. Il nous fut facile de démontrer qu'il s'agissait d’une amputation de cuisse pratiquée au tiers inférieur. Il existait de plus à l'extrémité inférieure de la jambe un vaste phlegmon avec décollement.

L'enquête vint confirmer nos conclusions. Il s'agissait d’un diabétique. L'opération avaitété faite par un chirurgien lyonnais. Comment cette jambe se trouvait-elle dans le Rhône ? Mystère.

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