‹ Du Dépeçage CriminelChapitre 48 sur 66 · FACULTÉ DES SCIENCES DE LYON BOTANIQUE · texte numérisé non relu

FACULTÉ DES SCIENCES DE LYON BOTANIQUE

Lyon, 20 février.

Rapport de M. Julien Ray.

Nous avons trouve sur les débris humains examinés : 1° Des fragments de feuilles mortes, intimement appliquées à leur surface ;

20 Des moisissures ;

3° Des taches bleuâtres ressemblant à des algues bleues.

Les moisissures ont été étudiées par nous :

4° En place;

2 En cultures pures, sur milieux nutritifs.

Ce sont :

Un penicillium ;

Un aspergillus ;

Un mucor.

Leur nature n'indique rien sur leur provenance : ce sont des moisissures dont les germes sont répandus partout. On ne peut rien dire non plus sur l’époque de leur apparition.

. Mais on peut tirer de leur examen sur les débris humains une indication relative à la nature du substratum :

Nous avions détaché au couteau quelques coupes minces du tissu aux endroits moisis, et mis ces rognures dans des flacons bouchés : la moisissure n’a pas tardé à prendre un développement abondant tres riche en fructification, sur toute la surface des rognures : cela indique un substratum très nutritif et pauvre en eau.

Les taches bleu verdâtre qui ressemblent à des cyanophycées sont tout simplement constituées par un se/ de cuivre.

Ce dépôt cuivreux s'étend même à une certaine profondeur au-dessous des taches dans l'épaisseur du tissu.

Signé : Julien Ray.

Note de M. Florence.

Lorsque l’épaisse couche de moisissures est enlevée, la partie sous-jacente reste noirâtre, avec reflets verts qui bientôt s'accen- ‘tuent fortement. (

Nous avons pris alors une trace de cette substance verte, de la taille d’une tête d’épingle environ et nous l'avons chauffée sur une lame porte-objet : elle s’est fondue comme une graisse,

puis a bruni. En reprenant le résidu faiblement calciné par l'acide chlorhydrique pur, nous avons obtenu une solution qui, par l’ammoniaque, a donné une coloration manifestement bleue; en évaporant pour chasser l'ammoniaque et en reprenant le résidu par de l’eau faiblement acidulée par l’aeide chlorhydrique, nous avons obtenu avec le ferrocyanure de potassium une belle teinte rouge, caractéristique des sels de cuivre. Il était certain qu'il y avait du cuivre dans le musele examiné,

Nous avons répété ces expériences avec une plus grande quantité de substance, en vue de rechercher le zinc, ainsi qu’il sera dit dans le second rapport. Puis nous avons procédé à un dosage quantitatif. (Voir le second rapport.)

Un premier essai sur un échantillon pris de côté nous a donné 3,471 de cuivre pour 1.000 ; sur le devant : 3,244.

Ces résultats si importants ayant été aussi constatés par M. Ray, nous avons désiré, selon notre coutume, une confirmation, que nous avons demandée à M. le professeur Hugounenq.

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