‹ Du désir aux destinéesChapitre 45 sur 91 · SABBATS DE LYBIE · texte numérisé non relu

SABBATS DE LYBIE

La lune chaude dans la nuit égyptiaque Miaule et s'arque en amour sur les pylônes plats, Le temple bestial, au rauque appel des chats, Déchire ses murs peints d'effroi démoniaque.

Spasmes de dieux vautrés à ses phosphores mats. Flûtes, sanglots d'enfant violé, cris fous où craque Le rut sous la douleur, râles d'affre et d'attaque, Silences haletants pleins de muets pourchas !

Roucoulements pareils à des glouglous de plaie

Vidant son âme dans un sang luxurieux

— Messalines au croc ou Césars à la claie...

Et les vieux sphynx cabrés de désir furieux Font grincer au parvis des temples hypostyles Granit et lune sous leurs griffes rétractiles.

Boulaq.

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