‹ Du désir aux destinéesChapitre 46 sur 91 · L'ABSENCE · texte numérisé non relu

L'ABSENCE

Dans la gorge où l'écho de langueur affaibli Ne sut jamais moquer ni sources, ni musiques, Un temple las m'abrite au deuil de ses portiques; Mon nom? Je suis l'Absence et je berce l'Oubli.

Par le retour des cieux qu'on ne sait plus pâli Mon pied fleurit parmi les lotus léthargiques. Et tant d'yeux à laver ses candeurs chimériques Se sont pleures qu'il semble un ossement poli.

Mon triste enfant vit-il? Parfois il rit. On pleure. Voici la scabieuse et le cyprès qu'au leurre De son baiser mêla son père ailé, le leur;

Je suis maîtresse de l'Espace, l'Homme et l'Heure; Ecoutons — volupté de ce qui ne demeure, L'amant qui s'en retourne et le cygne qui meurt.

A José-Maria de Hcrcdia.

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