L'EPREUVE
Je veux un désespoir sublime, par delà Celui que peut donner la créature vile, Qui fonde sur ma vie et sa tâche servile, M'accouche de moi-même et dise : Te voilà.
L'accoutumance châtre et le devoir mutile ; Le long des chemins du tombeau que fais-tu là, Tapi dans les fossés où ta chair s'essouffla De baisers lâches ou de prière inutile ?
Ah ! qu'en un gouffre amer de poix et de bitume Je touche enfin le fond de suprême amertume, Qui, baisé de ma bouche et frappé du talon,
Me renvoie, ivre et Dieu par ma peine et ma joie, A la vie, au grand ciel, humble et fervente proie D'un probe espoir jailli de mon passé félon.