‹ Du désir aux destinéesChapitre 48 sur 91 · EPITAPHE · texte numérisé non relu

EPITAPHE

Terre, reprends ce corps au flot de l'Apparence Miré par le hasard de tes desseins peu sûrs, Souviens-toi qu'il fut beau pour tes travaux futurs, Nourris ton proche avril de sa tendre espérance.

Ce cœur libères-en les atomes obscurs Réunis peu de temps pour beaucoup de souffrance. De la forme d'amour, de peine et d'ignorance Dont la feuille du lierre imite l'ombre aux murs.

Ton long baiser soit frais à la bouche livide; Presse-la, cette chair de tout l'amour avide D'une caresse humaine, ô terre, et te souviens

Que jadis tu chantas par des lèvres offertes.

Tu frémis en baisers avant qu'en feuilles vertes,

Tu pleuras par des yeux — Clos doucement les siens.

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