‹ Du désir aux destinéesChapitre 49 sur 91 · LA VOLUPTE GRAVE · texte numérisé non relu

LA VOLUPTE GRAVE

Je hais l'aveu stupide et le rire difforme ; Sous sa tiare de rouges fleurs mon front d'airain A la tristesse dont fut à jamais empreint Le geste de vie, en silence, se conforme.

Mon âme c'est l'essence intime de la Forme ;

Je révulse les yeux et je creuse le rein,

Ma bouche sans promesse est bonne à qui m'étreint,

Puis je lui dis qu'il meure ou je lui dis qu'il dorme.

Je suis la Volupté grave, c'est l'idéal

Des forts que tu boiras dans mon œil animal.

Puis l'Absolu : tes sens sont des sceaux qu'il faut rompre.

Mais, détestant la Vierge et l'innocence, j'ai

Au Tombeau bien souvent sous mon myrte affligé

l'envié le plaisir délicat de corrompre.

LIBITIN^

Notre amour fou d'orgueil et de rébellions Luttait par nos bras nus, criait par notre bouche, Murant nos désespoirs dans l'étreinte farouche De plaisirs échangés comme des talions.

Sceau d'énigme et de mort dont nous les scellions — Gomme un sphynx arborant au poitrail un cartouche Nos seins bleuis disaient l'effroi de notre couche Et l'effluve homicide ardant nos ganglions.

Vœu de meurtre sommé dans le geste qui crée, Chacun, voulant tuer et ne survivra plus, Rué vers le foyer des spasmes absolus

A travers l'autre chair complice et massacrée !...

Mort, innombrable seuil du profond Devenir, Qu'y vont-ils féconder ce crime et ce désir ?

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