CHAIR TRISTE
Que je ne t'aime pas, ô beauté, chastement, Mais violemment, avec tristesse et frénésie, Ta lampe que blasa mainte extase choisie, Cette marque, île bleue, où s'en iront ramant
Mes baisers pèlerins — ton corps que rassasie Mon corps, et ton désir à mon désir clément Le pourraient proclamer impérieusement :
Mais notre âpre péché garde une poésie.
Car, dans l'emportement de telle passion
Notre luxure même est sa rédemption
La chair criant si haut son poème farouche
C'est ridéal encor — voiles de Béatrix,
Les draps heureux que nous fila Vénus Victrix
Vous valent — sans compter qu'on se damne — Ta bouche !