CHASTETÉ
Mets-toi nue, ô beauté. Lentement, gravement — Naïvement pourtant comme si vierge ou seule ; Mon Désir dort avec des roses dans sa gueule, Libère des beaux seins le galbe véhément.
Veuille ! Je suis Samson et je pousse la meule,
0 Dalila dis-toi : C'est un nouveau tourment;
— Tu n'es pas assez nue encor, monstre charmant,
Ces colliers... ces cheveux dont l'ombre t'enlinceule.
En vain. Va-t'en, va-t'en aux Charniers diligents Où les grands vers rosés te feront des ceintures De profonds baisers, moins que les miens exigeants,
Va-t'en, et reviens-moi des bonnes sépultures.
Squelette bruissant, au sourire divin,
Enfin bien nue, et chaste, chaste, chaste enfin !