‹ Du désir aux destinéesChapitre 81 sur 91 · SENSUALITE · texte numérisé non relu

SENSUALITE

Je veux mordre à ton cœur comme au beau fruit jd'automne

Sa pulpe lumineuse a le goût du soleil

Et de la nuit, la lente nuit où le sommeil

Des jardins aux deuils sourds de l'espalier s'étonne.

Les jeunes matins l'ont gonflé ton beau cœur — donne

Sa chair dont l'Archer d'or cribla le fol éveil ;

Et la lune l'aima de son rayon pareil

Au suprême regard de ceux qu'on abandonne.

Les magiques oiseaux de l'aube je connais

Leur nom ? — ce furent les Désirs dont tu menais

La romance selon ton amoureux caprice,

Et dans le rossignol de tes pensives nuits J'écouterai chanter les chers Remords enfuis Le long des bleus Léthés, ô ma vieille Eurydice !

Page 1