SENSUALITE
Je veux mordre à ton cœur comme au beau fruit jd'automne
Sa pulpe lumineuse a le goût du soleil
Et de la nuit, la lente nuit où le sommeil
Des jardins aux deuils sourds de l'espalier s'étonne.
Les jeunes matins l'ont gonflé ton beau cœur — donne
Sa chair dont l'Archer d'or cribla le fol éveil ;
Et la lune l'aima de son rayon pareil
Au suprême regard de ceux qu'on abandonne.
Les magiques oiseaux de l'aube je connais
Leur nom ? — ce furent les Désirs dont tu menais
La romance selon ton amoureux caprice,
Et dans le rossignol de tes pensives nuits J'écouterai chanter les chers Remords enfuis Le long des bleus Léthés, ô ma vieille Eurydice !