MATINS
Dans les pâles dortoirs on entend soupirer Les rêves du matin; l'horizon est de cuivre. Poète, il faut rouvrir ta blessure et ton livre, Il faut recommencer d'agir et d'espérer !
Et voici sous un ciel de pervenche et de givre Des passants peu joyeux qui vont sans murmurer Payer de leurs sueurs la peine de durer. La triste ville essaye un autre jour de vivre.
Seul le bon débauché sous son pas élastique Sent palpiter le flanc de la Cybèle antique, Et de l'Aube païenne aspire le conseil,
Qui, de ses yeux battus arborant le scandale Sourit à voir Eos chaude du dieu vermeil Aux monts de l'Orient rattacher sa sandale.