‹ Du désir aux destinéesChapitre 83 sur 91 · EN RETOUR D'UN LAURIER ROMAIN · texte numérisé non relu

EN RETOUR D'UN LAURIER ROMAIN

Placez ce doux laurier sous la tempe jaunie Du mort que je serai : tu n'auras point connu, Rameau sacré, l'orgueil du triomphe ingénu Dans les jeunes soleils et la clarté bénie.

Mais tu diras au ver qui rampe bienvenu Vers tout ce qui fut cher de ma forme finie : L'amour qui me donna fut plus que le génie, Il t'écoute en riant dévorer ce sein nu.

Et le mort répondra, chair affreuse où tressaille La volupté passée et la proche semaille : J'ai plus vécu cent fois que je ne survivrais !

Chaque atome de moi par les métamorphoses Nous emporte tous deux, ivres d'apothéoses, Aux millions d'espoirs de nos vœux recrées !

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