LE SUBORNEUR
Je songe en te voyant aux mondes inconnus Que n'aurait point tentés sans moi ton vœu timide ; Mon amour fut le seuil où ma promesse avide A crispé le désir de tes jeunes pieds nus.
Vois, vois les horizons où ton cœur intrépide S'enivre de plonger à des cieux entrevus, D'où les vaisseaux joyeux et leurs riches tributs T'apporteront le prix de ton baiser lucide !
De quel autre univers plus vaste, plus farouche,
T'aurais-je fait le don en échange de toi !
Tu ne l'oubliras plus, même loin de ma bouche...
Qu'importe un souvenir ! J'ai mieux caché ma loi ! Car tes fils, qui naîtront, dès la nuit de tes moelles, Tressaillent vers l'appel de nos libres étoiles !
MERIDIEN
0 mon Désir, chargé de peine et de science, Double faix dont la vie opprima ton labeur. Plus âpre, plus fervent, et plus dévastateur, Tu respires la tombe et l'ombre qui commence.
Hennis- tu vers l'Etape et le gîte meilleur ? Va, le but est plus loin que notre impatience. Plus loin que ma fatigue et que ta diligence. Par delà l'horizon de l'Etre et la Douleur.
Tu le sais. Tu l'as dit au secret des étreintes Moins lâches où, mêlant son extase à ses plaintes, La chair heurte d'un choc plus avide la chair ;
Baisers vers l'Absolu douloureux de se tendre. Qui faites s'étonner parfois un regard cher... Grands baisers parfumés de sagesse et de cendre 1