‹ Du désir aux destinéesChapitre 86 sur 91 · LE NOM · texte numérisé non relu

LE NOM

Car ce nom sera dit au sillon où luira Le froment de Brumaire au ciel gris des semailles, Et l'épi nouveau-né de tes vieilles entrailles Dans les soleils d'août^ ô Glèbe, le saura.

Et ce nom sera dit au vent qui passera Tourmentant les écueils des âpres Gornouailles, Et sur la grande mer heureuse en funérailles Où le marin sous l'astre inconnu pleurera.

Aux bastions herbus le vieux canon se rouille, Un soldat rêve — là, noir de haine et de houille. Un homme aux sourds espoirs forge le fer maudit

Le voleur léger fuit vers ses peines infâmes — Terre immense ! Le nom par tous ceux-là fut dit Et celui qu'ils nommaient est riche de leurs âmes.

A Maurice Maeterlinck,

VATES YITM

Vie immense, dont nul vouloir n'est le levain, Toi qui n'as point de nom, de forme ou de visage, Et crèves emportant leurs débris d'âge en âge Les masques monstrueux ou mornes du Divin.

Flux colossal roulant la Cause avec la Fin, Sans but, sans borne, sans colère et sans rivage, Qu'éperonnent vers quelle énigme ou quel naufrage Les deux nefs de la mort : la Luxure et la Faim.

Je suis ta conscience adorante et ton âme. Torche dont je nourris la bondissante flamme Aux orgueils immolés du rêve Liberté ;

Emporte, brandis-moi dans le vent des abîmes.

Que tes plus sombres flots aient de la pourpre aux cimes ,

Va ! je te divinise à t'avoir attesté l

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