‹ Du désir aux destinéesChapitre 87 sur 91 · VERITATI · texte numérisé non relu

VERITATI

Ce besoin d'adorer qui fauche nos genoux

Sous le cœur héroïque et le cerveau superbe

Nous prostré à tes pieds las, bétail peureux, dans l'herbe

Du sentier inconnu — mère, relève-nous !

Ta main contre ton flanc de nos deuils tient la gerbe, — Oh ! nos morts, et nos dieux, et nos amours si doux ! — Tends-nous l'autre, sanglante encor. Parle. Résous. Quel est le Chant nouveau, la Promesse, le Verbe ?

Elle dit : Votre sœur chemine et doute aussi. Car je pleure avec vous, fils de ce siècle-ci Ma divinité même intangible, incréée I

Nous irons l'un à l'autre appuyés, s'il vous plaît, J'ai déserté pour vous l'insigne Paraclet^ Ma lèvre vous soit douce; elle qui fut sacrée.

L'INNOMMEE

Je suis la Volupté, la Promesse et la Vie, La splendeur de tes soirs, la flamme de ton sang; Je donne et suis le don ; mon vouloir tout puissant Me dispense à moi-même, à moi-même ravie !

Tu sais mes noms. Ils sont tous les noms. Le cœur sent,

La chair assaille, l'âme à la beauté gravie

Plante la hampe d'or de sa joie assouvie :

C'est moi dans la jeune aube et l'astre qui descend.

J'ai brisé tous les mots trop étroits à ma taille : L'idéal ne me ceint qu'au front, l'amour ne tend Que mon ventre sacré, la douleur un instant

Me voile, et je renais — vains tissus dont la maille Inflige ses noms d'ombre au triomphe vermeil De ma chair, invisible et palpitant soleil !

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