‹ Du développement des idées révolutionnaires en RussieChapitre 14 sur 24 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

droit de rhomme civilisé. L'homme civilisé qu'il voit est ou son seigneur, ou un employé du gouvernement. Eh bien , le paysan se méfie de lui, le regarde d'un œil sombre, le salue profondément et s'éloigne de lui, mais il ne l'estime pas. Il ne craint pas en lui une nature supérieure, mais une force majeure. Il est vaincu, mais il n'est point laquais. Sa langue rude , démocratique et patriarchale, n'a pas reçu l'éducation des anti-chambres. Ses traits d'une beauté mâle, ont résisté au double servage du tzar et du seigneur. Le paysan de la Grande et de la Petite Russie a un esprit très délié et cette vivacité presque méridionale qu'on s'étonne de trouver au Nord. Il parle bien et beaucoup ; l'habitude d'être toujours avec ses voisins l'a rendu communicatif.

Arrivés à l'un des derniers relais russes,

nous attendions les chevaux de poste dans une petite pièce , chauffée comme une serre. La femme du maître de poste, sale , mal-peignée et criarde , nous forçait de prendre du thé. Fatigué de contempler une gravure — très intéressante — qui ornait le mur au-dessus d'un sopha en cuir , je fus enchanté d'entendre du bruit devant la maison.

Pourtant, avant de quitter la gravure, j'en dois faire connaître le sujet, qui est très caractéristique. Apparemment elle appartenait aux temps qui suivirent le règne de Pierre I*^ C'était luî^ assis devant une table couverte de mets et de flacons. Le prince Mentchikoff, s'inclinant profondément, lui présentait et lui offrait une jeune personne — la future impératrice Catherine I. L'inscription di-

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