XII INTRODUCTION
sait : "Le bon sujet cède ce qu'il a de plus précieux à son Tzar bien-aimé."
Je me repens encore aujourd'hui de n'avoir pas acheté cette gravure...
Je sortis pour m'enquérir de ce qui excitait le tumulte. Un officier se démenait devant un groupe de Yamchiks (postillons), injuriant tout le monde, criant à tue-tête. Les yamchiks le regardaient faire avec cette ironique impassibilité , qui est le propre des paysans russes. Derrière l'officier se tenait le maître de poste, fortement aviné ; il criait aussi, mais en même temps il faisait, des yeux, des signes d'intelligence aux paysans.
— "Où est le Starost? où est le Starost?" criait l'officier écumant de rage.
— "Où est le Starost?" répétaient quelques
paysans avec une tranquillité apathique, qui ferait endiabler un saint. — Mais voilà que le Starost n'y est pas, — ^trois hommes sont allés le chercher. — Au cabaret, il n'y est pas, chez sa marraine, non plus. — Où peut-il être le Starost? c'est étonnant."
Il était certain que le Starost était présent, qu'il était là, dans le groupe.
— "Les brigands", criait le maître de poste. — "Ah ! les brigands , ils ne veulent pas chercher le Starost."
— "Et vous, répliqua l'officier, quel maître de poste êtes-vous donc? C'est ainsi qu'on vous obéit. Vous représentez bien l'autorité! Je ferai im rapport, j'écrirai moi-même au comte Adlerberg (ministre de la poste) , je le connais personnellement."