‹ Du développement des idées révolutionnaires en RussieChapitre 18 sur 24 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

octaves et demi dans un coin, une bible luthérienne sur une table , couverte d'une nappe blanche. Parmi quelques lithographies et dans un cadre un peu plus riche il y avait un imprimé. C'était "an meinen lieben Fritz," une espèce de testament idyllique écrit par Frédéric Guillaume III , pour son fils.

Le maître de poste , vieillard débonnaire , avec cet air d'une naïveté béate qui n'appartient qu'aux Allemands, avait endossé pour moi son habit gris, orné de boutons en nacre. Voyant que je Usais le testament, il s'approcha et commença respectueusement un entretien, me donnant à chaque instant les titres de "baron , de fi-eyberr , de hochwolgeboren." Il me dit, entr'autres choses, "qu'il n'avait jamais pu lire, sans avoir des larmes aux yeux, les touchantes paroles du bon roi défunt!"

Comme le maître de poste disait que le vent faisait pressentir une nuit très orageuse et me conseillait de rester jusqu'au matin, je voulus voir ce qui en était et je sortis dans la rue. Une bise forte et glacée soufflait entre les rameaux dénudés des arbres, les secouant avec violence. De temps à autre, les nuages chassés par le vent découvraient le croissant d'une lune pâle, et on voyait alors une tour à demi-ruinée , reste d'un château tombé eu ruines. Sous une porte écrasée, qui menait autrefois au château, étaient assis une dixaine de Finnois, petits de taille, rabougris ,chétifs, les cheveux blonds de lin. Leur langue, pour nous complètement étrangère, étonnait mes oreilles d'une manière désagréable. Au-dessus de la porte était cloué

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