‹ Du développement des idées révolutionnaires en RussieChapitre 19 sur 24 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

un aigle empaillé. Un jeune homme , blond et svelte, la moustache retroussée , le fusil derrière le dos , apparut et disparut en un instant. Il était dans un petit traîneau qu'il conduisait lui-même. L'attelage de son cheval , au lieu de se parer de l'arc en bois russe , faisait résonner ime vingtaine de clochettes ; im lévrier courait après le traîneau, flairant la terre gelée.

En Livonie , en Courlande , il n'y a pas de villages pareils à ceux de la Russie. Ce^ sont des fermes disséminées autour d'un château. Les cabanes des paysans sont éparses; la commune russe n'existe pas ici. Un pauvre peuple , bon , mais peu doué , évidemment sans avenir , écrasé par une servitude séculaire , débris d'une population fossile qui est submergé sous les flots des autres races, habite ces fermes. La distance entre les Allemands et les Finnois est immense ; la civilisation germaine, il faut le dire, était bien peu communicative. Les Finnois de ces contrées sont restés à demi-sauvages , après tant de siècles de co-existence et de rapports continuels avec les Allemands. C'est l'empereur Nicolas qui a pensé le premier à leur éducation — à sa manière bien entendu — il en a fait des Grecs orthodoxes.

Mais c'est à Riga , dans ces rues sombres et étroites , dans cette ville de privilèges , de corps de métiers , de "Ziinfte", d'esprit hanséatique et luthérien, où le commerce lui-même est arriéré et stationnaire, où la population russe appartient aux dissidents rétrogrades, qui se sont expatriés il y a deux siècles , trouvant le régime du tzar Alexis

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