INTRODUCTION XVII
trop réyolutionnaire , et le patriarche Nioon , novateur trop audacieux ; c'est là que j'ai compris toute la différence entre le monde que je venais de quitter et celui dans lequel j'entrais.
Des Juifs décharnés , couverts d'une calotte en velours noir, aux jambes fines, en culottes courtes, chaussés de bas de coton et de souliers découverts au plus fort d'un hiver baltique ; des négociants allemands avec un air de majesté sénatoriale, qui vous engage à prendre un autre chemin, pour ne pas les rencontrer.... On ne parle au casino, au dub , que des monopoles concédés à la ville en 1600, des fi'anchises octroyées en 1450, des dernières innovations faites en 1701
Les Allemands de la Baltique, fils d'une civiUsation ancienne, se sont, il y a des siècles, détachés du grand mouvement historique ; ils prirent alors un pli invariable, ils s'arrêtèrent à ce qu'ils étaient, sans rien acquérir depuis; ils mirent l'ordre, la règle, la mesure dans leurs idées et dans leurs affaires pour n'en jamais dévier. Il est évident dès lors qu'ils doivent détester le vague, l'exagération, le désordre qui régnent, non seulement dans les lois , mais même dans les mœurs russes.
Nous ne sommes point parvenus à une stabilité déterminée, nous la cherchons, nous aspirons à un ordre social plus conforme à notre nature et nous restons dans un provisoire arbitraire, le détestant et l'acceptant, voulant nous en défaire et le subissant à contre cœur. Eux au contraire ils sont de véritables conservateurs, ils ont beaucoup perdu, et ils craignent de perdre le reste. Nous n'avons