Troplong, Contrat de mariage, n
Sa l’article 1555 fixe au tiers de ses revenus sa contribution. Est-ce à dire que dans aucun cas elle ne doive dépasser ce chiffre? Non, car si le mari vient à se trouver dans le besoin la disposition de l’article 1595 cesse de recevoir son application. Statuant dans l’hypothèse de cet article — mais la solution eût été la même s’il se fût agi de deux époux séparés de biens — la Cour de cassation a décidé que la contribution de la femme ne saurait être limitée au tiers de ses revenus quand il s’agit de fournir des aliments au mari, qu'il appartient au tribunal d’en fixer le chiffre ex æquo et bono.
Dans tous ces exemples nous n’avons envisagé que l'obligation de la femme. Mais la réciprocité du devoir de secours ressort assez clairement de l’article 12 pour qu'il ne soit pas permis de douter qu’en cas d’indigence de la femme le mari n'ait à supporter seul tous les frais. D'ailleurs l'article 214 l’oblige à entretenir sa femme selon ses facultés et son état, à lui donner un logement convenable, en rapport avec sa condition sociale, ce qui dépasse les aliments proprement dits.
Quel est le mode d'exécution du devoir de secours ? En général, l'obligation alimentaire s'exécute sous la forme d'une pension, c’est-à-dire de prestations pécuniaires et périodiques. Dans deux cas seulement le débiteur d'aliments peut être autorisé par le tribunal à se libérer de sa dette en recevant el entretenant dans