HISTORIQUE
Dans les premiers temps de l’histoire romaine le mariage cum manu existait seul. La femme abandonnait son ancienne famille pour entrer en qualité d’agnate dans celle de son mari, où elle était soumise à l'autorité du paterfamilias.
Il ne pouvait être question, dans ces conditions, de devoir alimentaire entre époux ; la- femme, en effet, est incapable de s’engager et de posséder pour son propre comple, quant au mari s’il est en puissance il n’a pas non plus de patrimoine, s’il est sui Juris on ne peut créer à sa charge une obligation alimentaire contraire à l’autorité absolue du chef de famille.
Dès l’époque des Douze Tables d’après certains auteurs, en tout cas à l’époque d’Ennius et de Caton l’ancien, le mariage sine manu fit son apparition et
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netarda pas à remplacer l’ancienne union du jus civile qui disparut à la fin de la période républicaine.
Avec le mariage sine manu s’introduit une autre conception de l’union conjugale. La femme reste dans son ancienne famille et conserve la propriété de ses biens ; sa condition s'améliore ; elle n’est plus l’inférieure, mais l’associée, la collaboratrice du mari. Celui-ci est obligé de la recevoir et de lui fournir les choses nécessaires à la vie, c’est sur lui que normalement pèsent les charges du mariage (1). Toutefois l'usage veut que la femme en se mariant apporte à son mari une dot pour l’aider à supporter ces charges, mais ce n’est pas là une condition indispensable de l'obligation maritale qui subsiste indépendaniment de toule constitution de dot par la seule force du lien matrimonial (2). Néanmoins, lorsque la femme n’a rien apporté et qu’elle se trouve dénuée de ressources, c’est à son père qu’elle doit d’abord adresser sa demande d'aliments ; le mari n'est tenu qu'à défaut (;).
Le droit alimentaire est réciproque et la femme est tenue de nourrir et entretenir son mari s'il se trouve dans le besoin (4). Le bénéfice de compétence établi