‹ Du Devoir de Secours Entre ÉpouxChapitre 23 sur 64 · ARE · texte numérisé non relu

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admise par de nombreux auteurs (1). En effet, la femme, conformément aux dispositions de l’article 212 du Code civil, est tenue de venir en aide à son mari dans le besoin et de supporter seule les charges du ménage s’il ne lui reste rien. Mais elle ne remplit pas suffisamment son devoir lorsque au lieu de verser directement sa contribution entre les mains du mari, elle lui offre de venir habiter chez elle. Une telle décision, qui accorderait à la femme le droit de choisir la commune résidence, serait contraire à la puissance maritale et aux pouvoirs du mari, chef du ménage.

La question est plus difficile à résoudre lorsque le mari déserte le domicile conjugal par suite de l’attitude de la femme à son égard. ,

Il a été jugé par la Cour de Bordeaux que le mari à

qui la femme a rendu la continuation de la vie

commune impossible peut, sans faire prononcer la séparation de corps, obtenir d’elle en justice les aliments nécessaires pour avoir un train de vie distinct (2).

Cette décision paraît conforme à l'équité : la femme maltraitée par son mari a le droit de vivre séparée el de recevoir de lui une pension alimen-

1. Aubry et Rau, t. V, $ 470, p. 132. — Demolombe, t. IV, n°110. — Duranton, t. 11, n° 434.

2. Bordes 3 fév. 1853. S. 52.2.260 ; D. P., 54.2.10. — Contra: Aubry et Rau, t. V, $ 470, p. 133, n. 10.

RO taire ; il devrait en être de même pour le mari à l’égard de la femme lorsque celle-ci rend la vie commune impossible.

Nous ne croyons pourtant pas devoir accepter cette solution. Nous avons déjà vu qu'il existe une grande différence entre le devoir de cohabitation de la femme et le devoir de cohabitation du mari: celui-là est subordonné au devoir corrélatif du mari de recevoir sa femme et de l’entretenir, celui-ci est absolu, l’article 214 n'y apporte aucune restriction, il doit être accompli dans tous les cas, quels que soient les torts de la femme à moins qu’elle n’abandonne le domicile conjugal. Le mari n’a d'autre ressource que de demander le divorce ou la séparation de corps.

Notons avant de terminer l'innovation importante de la loi du 13 juillet 1907 dont nous avons déjà parlé au premier chapitre.

Il arrive fréquemment, dans les milieux ouvriers, qu’au bout de quelques années de mariage, l’un des époux abandonne son conjoint au domicile conjugal. Comme en général les revenus du ménage proviennent uniquement du salaire des époux, celui d’entre eux qui a été abandonné va se trouver dans l’indigence si pour une raison quelconque, âge ou madie, il se trouve dans l'impossibilité de travailler et si l’autre refuse de lui venir en aide.

Il peut tout d’abord demander à son conjoint de

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