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angoissante et vague, précordiale, qu'à une véritable palpitation; tantôt elles sont totalement absentes, et c’est le médecin souvent qui met le malade au courant de son trouble du rythme.
Enfin, ces palpitations, en raison même de leur pathogénie, n’existent en dehors des accès de fibrillation, qu’au début de la maladie; à mesure que celle-ci s’est installée, il semble que le malade s’y accoutume et ne parle plus de son cœur.
Pour cette raison les palpitations, symptôme local, passent après d’autres symptômes d'ordre général, mais plus constants, qui semblent vraiment signer, dans l’ensemble des troubles fonctionnels cardiaques, l’apparition de l’arythmie complète. Un mot les résume, c’est : la FATIGABILITÉ particulière du malade. Elle a ses degrés. Tantôt elle est légère, accusée seulement lorsqu'on attire l’attention du sujet sur elle. Elle consiste en une diminution de force, une certaine inaptitude au travail habituel. Elle se traduit par un besoin inaccoutumé de s'asseoir après une marche rapide, une promenade un peu longue. Tantôt le symptôme devient dominant, il y a une véritable incapacité d'accomplir un labeur physique et une sensation de lassitude qui inquiète et amène à consulter.
Un degré de plus, et on est en présence de malades chez lesquels le récit de leur asthénie et de leur misère impose l’idée d’une insuffisance surrénale. Le fait est rare; plus souvent chez un sujet âgé qui maigrit et consulte pour une diminution de poids en même temps que pour une perte de force, la pensée d’un néoplasme
HA; v et, cb
latent obsède l'esprit et instinctivement l’interrogatoire porte davantage sur l’état digestif que sur l’état du cœur.
Sur cette sensation de fatigue continue se greirent des troubles circulatoires variés, en rapport tantôt avec une carence circulatoire localisée, tantôt avec le degré de neurotonie du sujet. Il en est qui éprouvent une sensation de vide dans la tête pouvant aller jusqu’au vertige; d’autres accusent de vagues angoisses, sans pouvoir définir le siège exact de leurs malaises. Chez certains, le dérobement des jambes fait songer à ces troubles circulatoires particuliers que l’on rencontre dans le Basedow. D’autres enfin ont des lipothymies assez subites, allant jusqu’à la syncope. Ce sont ces faits qui n’ont pas échappé à TROCMÉ et dont il a rapporté dans sa thèse des observations curieuses.
Un dernier symptôme vient clore cette liste: il s’agit de J'INSOMNIE, non pas de l’insomnie de décubitus habituelle aux cardiaques et où la dyspnée joue le principal rôle, mais une insomnie nerveuse faite à la fois de cet élément de fatigue, de malaises vagues et très probablement aussi de neurotonie. C’est pourquoi nous l’englobons comme un épisode particulier de cette fatigabilité qui, en somme, demeure pour nous le trouble essentiel, capital, de l’arythmie complète.