Ï, — LE FACIES
Un des plus illustres cardiologues, MACKENSIE, a voulu en effet doter l’arythmie complète d’un faciès spécial. D’après lui, l'aspect du malade laisserait soupconner la fibrillation auriculaire. Il l'a décrit : « avec une figure brûnâtre, des oreiiles et des lèvres bleues, une respiration pénible au moindre effort. Il ajoute que d’autres états morbides peuvent donner lieu aux mêmes symptômes, mais, dit-il, dans aucun autre cas ils ne sont si communs. »
Est-il besoin de dire que nous n’avons trouvé chez nos malades atteints d’arythmie complète ni coloration anormale, ni pâleur excessive. Si quelquefois nous avons noté chez certains d’entre eux de la cyanose des lèvres, une teinte bleutée des pommettes, laquelle parfois se compliquait de varicosités, si enfin dans quelques cas il y avait un teint pâle sur lequel tranchaït une coloration rosée des pommettes et des lèvres, ce sont là des faits qu’on ne saurait retenir, car il est facile de n’établir aucune relation entre le trouble auriculaire et l’état du visage. Bien d’autres facteurs sont là qui peuvent être incriminés : l'insuffisance cardiaque, la fièvre au cours des arythmies complètes dans une affection évolutive, les insuffisances organiques, hépatiques ou surrénales, dans les arythmies complètes terminales avec cachexie cardiaque.
Peut-être a-t-on le droit de retenir davantage le faciès
RE En
pâle des arythmies séniles, mais sa raison doit être recherchée dans l’artériosclérose progressive et généralisée dont l’arythmie complète n’est qu’un épisode.