‹ Du diagnostic clinique de l'Arythmie complèteChapitre 17 sur 63 · II. — L'EXAMEN DU CŒUR · texte numérisé non relu

II. — L'EXAMEN DU CŒUR

a) L'inspection et là percussion ne donnent que peu de renseignements. Il est difficile tout d’abord de juger de l’état d’arythmie d’un cœur par la simple inspection du choc de la pointe. Ou bien celle-ci se dérobe derrière un thorax plus ou moins élargi, ou bien lorsque la pointe bat contre l’espace intercostal on ne peut se rendre compte, surtout dans une arythmie calme, de l'inégalité des pulsations. Sauf dans certains cas où le cœur est volumineux, où les battements sont tumultueux, on a l'impression déjà d’un « cœur en folie », dont les ondes variables et les vibrations inégales se propagent sur la paroi thoracique et sont inscrites sur elle.

Si l'inspection n’a que quelques droits de juger de l’arythmie complète, la percussion n’en a aucun. Ce qu’elle donne, ce sont des renseignements sur une distension ventriculaire, qui n’est pas nécessairement fonction de la fibrillation. |

b) La palpation, au contraire, donne quelques préeisions. Avec elle, à peu près dans tous les cas, surtout quand on a soin de mettre le malade en décubitus latéral gauche, on perçoit l’inégalité dans le rythme et l’inégalité dans le temps des battements du cœur, et cette seule donnée est importante à retenir. Qu’on n’en cherche

aucune autre; ni le choc étalé de la pointe, ni le choc

Ni —

en masse ne sont à cet égard l’expression d’une arythmie complète; ils sont en rapport avec l’hypertrophie et la distension ventriculaire, mais celle-ci est loin d’être constante.

Pour justifier cette discrimination, il suffit d'évoquer les aspects différents que le cœur des arythmies complètes offre à l'écran radioscopique et à l’orthodiagraphie. On a voulu, en effet, lui découvrir une silhouette spéciale qui serait à peu près celle du cœur triangulaire et que présentent, en particulier, les affections mitrales à la période asystolique : bords rectilignes, battements peu accentués, disparition des arcs, des saillies, des contours. À ce type asystolique, il suffit d’opposer un grand nombre de cœurs arythmiques qui ont conservé ou bien la silhouette normale, ou bien la silhouette en rapport avec l'affection cardiaque initiale (lésion valvulaire par exemple) pour déposséder l’arythmie complète de toute expression radiologique, à plus forte raison pour lui enlever, en dehors du trouble arythmique, tout signe évocateur palpable ou percutable.

c) L’ausculation confirme et précise les données de la palpation. L'oreille perçoit des battements irréguliers, tantôt dans leur intensité, leur hauteur et leur rythme; tantôt elle a conscience de cette inégalité entre chaque pulsation ; tantôt cette inégalité apparaît pour ainsi dire entre plusieurs salves de pulsations rapprochées et en apparence égales. À des pauses irrégulières dans leur durée, succèdent des groupes de contractions plus faibles. Si par hasard il existe au cœur des bruits de souffles, en analysant la tenue de ces souffles — en partic:-

MT a

lier de ceux qui sont organiques — on a la confirmation de cette inégalité des contractions ventriculiaires, qui fait percevoir le souffle tantôt bref, tantôt prolongé, tantôt intense, tantôt étouffé.

Le souffle mitral dit « auriculaire ». En pariant de souffles au cours de l’arythmie complète, nous ne les utilisons qu'indirectement pour son identification, mais nous devons nous demander si certains d’entre eux ne sont pas liés intimement à sa production. Telle à été l'opinion de nombreux auteurs, et non des moindres, parmi lesquels MACKENSIE en Angleterre, et VAQUEZ en France, sont les plus célèbres. Notre maître M. LAUBRY pendant longtemps enseignait, en se conformant aux opinions précédentes, que certains petits souffles extrémement légers, discrets de la pointe, sans propagation, s’entendant surtout au moment des plus fortes pulsations de l’arythmie complète, étaient d’origine auriculaire et il en donnait comme explication, la carence du rôle de l’oreïllette dans la fermeture de l’orifice mitral. Pour certains en effet, et on trouvera cette description dans MACKENSIE, à l’état normal la fermeture de l’appareil mitral résulte de la contraction présystolique de l’oreillette, qui rapproche le bord de l’orifice, et de la systole ventriculaire qui relie les valves et les applique l’une contre l’autre. On comprend donc que lorsque la contraction de l'oreillette vient à manquer, la fermeture puisse être incomplète. Cette théorie est séduisante, mais elle donne certainement un rôle trop grand à l'oreillette et pas n’est besoin de son intervention, ni

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