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IV. — L'ÉTUDE DU POULS VEINEUX

a) À l’inspection, dans la plupart des cas d’arythmie

complète, on constate que les jugulaires ont une certaine turgescence et sont animées de battements; à un exa-

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men plus attentif on peut se rendre compte que ceux-ci sont inégaux, irréguliers. A l’état normal, surtout quand on observe ces vaisseaux dans la dépression du creux sus-claviculaire, il est quelquefois possible de voir les trois soulèvements classiques et caractéristiques du pouls jugulaire.

Chez les malades atteints d’arythmie complète, on ne voit habituellement qu'un seul soulèvement qui correspond à da systole. Mais tous ces symptômes ressortissent moins au trouble du rythme qu'aux phénomènes de stase auriculo-ventriculaire et aux distentions ventriculaires, avec ou sans insuffisance tricuspidienne, qui l’accompagnent. Lorsque celles-ci n’existent pas on est en présence de veines normales, sur lesquelles on perçoit évidemment des battements irréguliers, très probablement transmis par une carotide irrégulière, en sorte que cette première investigation infidèle et imprécise en elle-même, ne donne pas de renseignements qui appartiennent en propre à la fibrillation.

b) L’auscultation de la jugulaire, méthode ingénieuse introduite par JOSUÉ, avait laissé espérer à son auteur que cette investigation suppléerait aux examens graphiques. En nous montrant, comme dans ceux-ci, la disparition du soulèvement A qui, sur le tracé veineux, ess l'expression de la contraction auriculaire, l’auscultation de la jugulaire nous renseignerait d’une façon exacte sur la carence de l'oreillette.

Normalement, en effet, quand on auseulte un sujet sain placé en bonne position : décubitus dorsal, tête inclinée vers la gauche ,respiràtion suspendue, on en-

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tend une sorte de rythme à trois temps, dont le premier est particulièrement sourd, et qu’on appelle à juste titre le galop jugulaire; il y a là, traduit à l'oreille bien plus fidèlement qu’à la vue, les trois soulèvements du phlébogramme :

— soulèvement À —.contraction de l'oreillette,

— soulèvement C— contraction du ventricule,

— soulèvement V — fermeture des valvules auriculo-ventriculaires.

On pouvait espérer qu’en cas de fibrillation, quana il y a disparition de la contraction auriculaire, il y aurait également disparition du premier de ces bruits. C’est ce qu’a prétendu JOSUÉ, mais c’est ce que la réalité est loin de montrer; car il s’agit encore dans l’auscultation jugulaire d’une manœuvre difficile et infidèle, plus infidèle encore dans l’arythmie complète que dans n’importe quelle autre arythmie. M. LAUBRY a coutume de répéter que le galop jugulaire n’est important que lorsqu’on perçoit nettement les trois bruits auquel cas on peut dire que la succession des contractions cardiaques est normale, en d’autres termes, que le rythme sinusal est conservé. Mais quand on ne l’entend pas, on ne peut rien dire, on ne peut faire que des hypothèses pour lesquelles l’erreur de technique doit toujours jouer et rendre sceptique. Cette réserve prudente s'applique surtout à l’arythmie complète où, dans le désordre des contractions, il est impossible de juger des bruits encore plus désordonnés qu’on recueille sur les veines.

as RQ V. -— LA SPHYGMOMANOMÉTRIE.

La mesure de la tension artérielle n'est d'aucune utilité dans l’arythmie complète. On voit des malades avec des tensions fortes, d’autres avec des tensions basses. Peut-être quelques-unes de ces tensions sont-elles l’apanage de certaines formes cliniques d’arythmie; nous les retrouverons au chapitre suivant. Mais d’une façon générale, quand par exemple une arythmie complète s’installe lentement au cours d’une hypertension, on ne voit pas qu’elle influe sur la tenue de cette tension. si le contraire existe, c’est qu’il y a distension cardiaque et insuffisance ventriculaire concommitante.

Le seul point à retenir c’est la difficulté, avec nos appareils ordinaires, de prendre la tension étant données l'inégalité des battements et la difficulté de repérer, soit par l’oscillométrie, soit par la méthode auscultatoire, le moment exact où apparaissent les premières oscillations et les premiers battements qui fixent la tension systolique après décompression, aussi bien que celui de la grande oscillation ou du silence qui fixent la tension diastolique.

En revanche, ces manœuvres ne sont pas inutiles et chacune d’entre elles fournit l’occasion de confirmer à l’oreille ou à la vue les données de la palpation radiale.

En auscultant l’artère en effet, à une tension moyenne entre la systolique et la diastolique, on obtient des renseignements peut-être plus fidèles qu’à l’auscultation du cœur, dans les formes rapides surtout, où le nombre des pulsations est moitié moindre que celui des battements cardiaques: il y a des inégalités dans la gamme des

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bruits que l’on arrive péniblement à saisir. L'analyse eu est très distincte. Ces données acoustiques cèdent d’ailleurs la place aux renseignements de l’oscillomètre qui se rapprochent par leur netteté des renseignements fournis par un oscillogramme. La dysoscillométrie met bien en relief les inégalités dont nous avons déjà parlé.

En résumé, dans le diagnostic positif, il faut retenir, en dehors des indications importantes fournies par l’interrogatoire du malade, les données de l’auscultation du cœur et l'examen radial, confirmées par les méthodes auscultatoires et oscillométriques.

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