‹ Du diagnostic clinique de l'Arythmie complèteChapitre 30 sur 63 · EN B. — DIAGNOSTIC DES FORMES CLINIQUES ÏJ. — FORMES LENTES · texte numérisé non relu

EN B. — DIAGNOSTIC DES FORMES CLINIQUES ÏJ. — FORMES LENTES

Nous avons déjà développé cette question au chapitre des formes cliniques, et nous avons vu que l’arythmie complète change de physionomie par suite de la coexistence de lésions hisiennes avec la fibrillation auriculaire. Quand, de ce fait, la liaison entre l'oreillette et le venricule est partiellement ou totalement interrompue sur ces cœurs déjà troublés dans leur rythme, il en résulte des bradycardies de diagnostic très délicat et pouvant donner à penser :

a) Aux dissociations auriculo-ventriculaires. Si la forme lente garde une certaine irrégularité, on peut croire à une dissociation auriculo-ventriculaire incomplète. En effet, quand il y a blocage intermittent de l'oreillette, quand, de loin en loin, celle-ci se contracte isolément sans que le ventricule réponde à son incitation, il en résulte — si le phénomène se produit de façon désordonnée —— une arythmie irrégulière dont la similitude avec l’arythmie compiète est considérable. Si la fibrillation auriculaire se dissimule derrière une bradycardie régulière, la confusion avec une dissociation aurticulo-ventriculaire complète est fatale.

Dans les deux cas, surtout dans le dernier, le diagnostic offre les plus grandes difficultés, d'autant plus que des signes fonctionnels tels que lipothymies, syncopes, peuvent achever la ressemblance avec un syndrôme de Stokes-Adams. Il se fera sur la notion d’évo-

lution, sur l'existence possible des « systoles en échos » bien que celles-ci, comme nous l'avons déjà dit, indiquent une étape dans la dissociation et dans l'existence d’un ventricule fatigué et hypotonique (galop du bloc}, sur la notion d’un traitement digitalique antérieur et longuement prolongé, qui explique la lenteur progressive du rythme observé.

Mais, si les anamnestiques manquent, si le cœur a conservé encore de sa force, il appartient aux techniques graphiques de montrer si oui ou non les contractions de l'oreillette existent en dehors des contractions ventriculaires, ou si, au contraire, elles sont fibrillaires.

b) Les bracydardies sinusales peuvent aussi prêter à erreur; mais elles offrent davantage de prise aux ressources cliniques. Chez elles le rythme peut être également irrégulier (bradycardie digitalique surtout) ou régulier, selon que l’allongement de la diastole est variable ou fixe. Mais les mêmes éléments qui permettent de juger et de trancher le diagnostic dans les arythmies sinusales, à savoir les épreuves d’effort, de l’atropine, du nitrate d’amyle ou de la compression oculaire, l’auscultation même de la jugulaire sont là pour l’établir de façon à peu près certaine.

c) Les bradysphygmies par extrasystoles doivent entrer également en ligne de compte, soit qu'il s'agisse d’extrasystoles intercalées régulièrement entre des pulsations normales, ou de salves extrasystoliques ne parvenant ni les unes ni les autres à la périphérie. Cette bradysphygmie n’est pas une bradycardie et l’auscul-

tation du cœur comparée à la palpation du pouls est un élément précieux de diagnostic, car cette manœuvre met en évidence les contractions anticipées nan transmises à la radiale. Quand ce « pulsus deficiens » se produit d'une facon périodique, ce seul caractère suffit, bien entendu, à lui enlever tout lien de parenté avec l’arythmie complète. Si ces -intermittences sont irrégulières, leur analyse devient difficile et l’on peut croire à une fibrillation auriculaire, mais c’est une éventualité assez

rare.

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