SAN
É% OBSERVATION N° 28. — Mme Pe..., 59 ans.
Cette malade, qui consulte en juillet 1930 pour des crises de dyspnée, dit avoir fait à l’âge de 49 ans une crise de rhumatisme articulaire aigu (?) ayant duré des mois; jamais d’autre maladie.
Réglée à 14 ans, mariée à 26 ans, une fille bien portante, pas de fausse couche, ménopause à 40 ans, sans troubles. Le mari est mort à 50 ans au cours d’une paralysie générale. Le Bordet-Wassermann chez cette femme est négatif et les réflexes sont normaux.
Le faciès est très pâle, on aperçoit les battements des vaisseaux du cou. Le pouls et le cœur irréguliers battent à 120 et 180. T/A — ] 4:10.
Il n’est pas dans l’allure du rhumatisme articulaire aigu de choisir ses victimes parmi les gens d'âge mûr, aussi nous tiendrons-nous
sur une prudente réserve pour affirmer l’étiologie de cette tachy-
arythmie.
B. — LESIONS DÜ MYOCARDE
Résumé d’une observation inédite de MM. LAUBRY, ROUTIER et VAN BOGAERT. N° 29,
M. He..., 52 ans, employé de bureau.
Ce malade est envoyé à Broussais en juillet 1930, par son médecin, pour un état congestif pulmonaire rebelle avec insuffisance cardiaque, remontant à 3 mois environ.
EXAMEN. — Le malade est très dyspnéique, pâle, avec légère cyanose des lèvres, des ailes du nez, des extrémités digitales.
Le pouls est petit, irrégulier, au cœur les bruits sont assourdis,
irréguhers, pas de souffle. T/A — j2-8. :
Le foie déborde de 2 travers de doigts le bord des fausses côtes.
ER Te PU
Aux poumons, matité aux deux bases, diminution du murmure vésiculaire; on percoit quelques râles bulleux à l'inspiration.
La température à l’entrée est de 38°2, il urine à peine 500 cc. par 24 heures.
Ni sucre ni albumine. Bordet-Wassermann négatif. Urée san-
guine — 0,37.
RADIOSCOPIE. — Masse ventriculaire augmentée de volume, pas de déformation de l’arc moyen, pas de saillie auriculaire en
transverse; épanchement liquidien dans les deux plèvres.
ELECTROCARDIOGRAMME. —- Fibrillation auriculaire avec arythmie complète, élargissement avec empâtement de l’onde R dans les trois dérivations. Encoche de R en D III. T. écrasé, pratiquement invisible dans les trois dérivations.
ANTÉCÉDENTS. — Cet homme n’a jamais été malade jusqu’au début de 1930, date à laquelle les efforts physiques lui sont devenus pénibles. Depuis 3 mois, cet état s’est très aggravé, il est très essoufflé, tousse beaucoup, et depuis une semaine l’expectoration est striée de sang rouge; il a maigri de 2 kgs depuis et croit avoir de la fièvre parce que chaque soir 1l éprouve des frissons avec transpiration nocturne; mais il n’a Jamais pris sa température.
Marié à deux reprises, sa première femme est décédée des suites d’une tuberculose rénale.
L'un de ses enfants serait traité pour une coxalgie.
Le malade, amélioré par le repos, le traitement cardiotonique, la révulsion, n’a plus de température au 8° jour de sa présence à l’hôpital. Le 10° jour, il se sent tellement bien qu’il essaye, après le repas de midi, de se lever un peu. En se remettant au lit 10 minutes plus tard, il est pris d’oppression, d'angoisse, de sensation de mort imminente: les téguments sont froids, décolorés, les extrémités cyanosées; le pouls est petit, toujours irrégulier; les bruits du cœur assourdis, tumultueux ; la respiration superficielle est très rapide. Au ‘bout de 10 minutes, les traits se tirent de plus en plus, le malade perd connaissance et meurt.
L'examen anatomique a montré une dégénérescence athéroma-
leuse des deux artères coronaires.
OBSERVATION N° 30. — M. Co. 54 ans,
peintre en bâtiments.
Ce malade consulte le 23 mai 1930 pour une dyspnée intense. | À L'EXAMEN, il est cyanosé, anhélant. Le pouls tachyarythmique bat à 140, le cœur est incomptable, les bruits 'sont assourdis.
On note un double souffle aortique.
RADIOSCOPIE. — Gros cœur, aorte élargie et déroulée.
ANTÉCÊDENTS. — Spécificité. Bronchites fréquentes. Marié, femme bien portante, pas d'enfant, une fausse couche.
Ce malade est donc un aortique en état d'insuffisance ventricu- Jaire avec arythmie complète, dont l’étiologie spécifique est bien établie.
OBSERVATION N° 31. —— M. Si, 41 ans, employé.
Ce malade se présente à la consultation le 23 décembre 1929 pour une dyspnée se manifestant à l'effort, à la montée, accompagnée d’une sensation de battements cardiaques rapides et irréguliers.
EXAMEN. —— Pouls et cœur arythmiques, souffle systolique de la pointe. T/A — 16-9. A Ia base du poumon droit, on trouve de la matité avec abolition du murmure vésiculaire. On note une leucoplasie buccale très nette. Les réflexes tendineux et pupillaires
sont normaux. Bordet-Wassermann négatif.
RADIOSCOPIE. — Gros cœur, aorte normale, épanchement pleu-
ral au quart mférieur du poumon droit.
ANTÉCÉDENTS. — Le sujet n’a jamais été malade, mais il a été violemment commotionné pendant la guerre. En 1928, début des crises de palpitations; il est allé consulter à l'hépital Beaujon et l’on a trouvé une arythmie complète.
Il n’a pas de spécificité avérée.