‹ Du diagnostic dans les maladies chirurgicalesChapitre 11 sur 13 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Après avoir annoncé que le diagnostic des mq}adies chirurgicales est en général plus précis que celui des maladies internes, après avoir passé en revue les nombreux moyens de Rétablir, il semblerait qu’il dût rester à peine quelque chose à dire dans le chapitre des Erreurs. Quelle sera donc la surprise du lecteur à la vue de cette longue suite d’erreurs commises dans la pratique de la chirurgie? liste qui serait plus considérable sans doute si tous les chirurgiens avaient apporté à l’aveu de leurs fautes le même empressement qu’ils mettent à vanter leurs succès.

Plusieurs de ces erreurs, à la vérité, témoignent de la négligence ou de l’impéritie du chirurgien 5 mais quelques-unes ont été commises par des chirurgiens expérimentés , et l’appréciation des circonstances où la faute a eu lieu montre combien il eût été difficile, pour ne pas dire impossible de l’éviter. C’est qu’en effet les maladies chirurgicales elles-mêmes sont loin de se présenter constamment avec le cortège de symptômes qui pourraient

DES ERREURS DU DIAGNOSTIC. m les faire reconnaître avec facilité ; c’esti que souvent* les symptômes de la maladie sont masqués par des phénomènes accessoires qui détournent l’attention du chirurgien ; c’est que plusieurs maladies ont des symptômes tellement semblables qu’il est à peu près impossible de ne pas prendre l’une pour l’autre ; c’est que deux maladies peuvent exister simultanément, et alors, tantôt elles offrent toutes deux les mêmes symptômes, tantôt l’une d’elles a des symptômes qui obscurcissent ceux dé l’autre ; c’est que, par suite de variétés anatomiques congénitales ou acquises , la maladie se présente dans un lieu où on ne la rencontre pas habituellement ; c’èst qu’unes maladie est excessivement rare ou qu’elle se présente pour la première fois à l’observation, etc. Cette généralisation rapide des causes d’erreur, si elle ne peut légitimer la conduite du chirurgien suffit du moins pour Uexcuser dans un grand nombre de cas.

En rapprochant les cas d’incertitude de ceux d’erreur de diagnostic , on ne peut s’empêcher de reconnaître entre eux une analogie frappante, et cela devait être, puisque les causés du doute pour certaines personnes sont pour d’autres , moins instruites ou moins attentives, des causes d’erreur.

Les fautes de diagnostic s’observent dans les mêmes circonstances que les incertitudes ; comme elles aussi, elles portent sur différens états de la maladie, soit sur sa nature, soit sur sa simplicité ou sa complication, soit sur son étendue , son siégé précis , ses rapports avec les parties voisines, etc.

En traitant de l’emploi des sens appliqués à la recherche du diagnostic des maladies, nous avons indiqué les causes physiques d’incertitude ou d’erreur, les précautions à prendre pour les éviter. En parlant du raisonnement , nous avons également montré son importance pour l’établissement d’un bon diagnostic. Nous avons donc poursuivi dans cette partie de notre thèse, les élémens plus actifs de l’incertitude et de l’erreur, en sorte qu’ici, comme dans le chapitre des incertitudes, il ne nous reste plus qu’à rechercher dans quelles maladies ces élémens groupés en plus ou moins grand nombre ont entraîné l’erreur.

Dans les trois chapitres qui précèdent nous avons été sobres d’observations particulières, et nous nous sommes tenus autant que possible dans les généralités de notre sujet. Ici, au contraire , nous avons pensé qu’il était important de rassembler un grand nombre de faits , et, pour ne pas les entasser sans ordre, nous nous sommes efforcés de tirer de leur comparaison quelques caractères communs qui nous ont servi à les grouper.

g I er Erreurs de diagnostic , provenant de ce que deux maladies présentent des symptômes semblables.

On pourrait s’étonner de nous voir établir une pareille classe d’erreurs , puisque les fautes du chirurgien proviennent presque toujours de ce qu’il a pi'is les symptômes de la maladie qui existe pour des si-

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gués de la maladie qui n’existe pas. Mais nous n’entendons parler ici que des affections qui offrent entre elles une telle ressemblance qu’il est à peu près impossible au chirurgien qui ne sait pas rester dans le doute, de ne pas prendre quelquefois l’une pour l’autre,

Obs. i . — Encéphaloïdes du testicule pris pour des hydrocèles. — Le diagnostic de l’engorgement encéphaloïde du testicule offre souvcnl d’assez grandes difficultés. L’aspect pïriforme ou ovalaire de la tumeur, sa mollesse et son élasticité , l’apparente fluctuation qu’on y ressent, peuvent la faire prendre pour une hydrocèle; el parmi les chirurgiens qu’une longue pratique dans les hôpitaux a mis à même de rencontrer fréquemment cette affection, il n’en est presque aucun qui n’ait fait l’aveu d’avoir commis une semblable méprise. Les faits suivans prouveront qu’elle est fréquente : i° On voit dans la collection de Monro un testicule, à l’occasion duquel celte erreur a été faite; 2 ° une pièce semblable est conservée dans la collection de Jeffrey, de Glascow ; 3 le premier malade dont Wardrop a rapporté l’histoire, a été ponctionné; 4° il en a été de même du quatrième ; 5° Cooper dit qu’il s’y est trompé plus d’une fois; Pott , Hunier, Cline, et plusieurs autres y ont de même été pris 6° j’ai vu Béclard plonger un trocart dans une énorme tumeur ovalaire du scrotum, il ne sortit que du sang ; Béclard reconnut de suite une tumeur encéphaloïde, dont il fit l’extirpation , etc. » Aug. Bérard. Thèse de concours , i8B4, P

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Obs. 2.—Engorgement du testicule pris pour une hydrocèle. — Un jeune homme ayant eu quelques âccidens vénériens, fut enfin atteint d’un véritable sarcocèle, avec un léger épanchement de sérosité dans la tunique vaginale. Pott lui conseilla un traitement antir syphilitique qu’il négligea de faire. — Un mois après, ce chirurgien le trouva ayant une grande fièvre , et le scrotum fortement enflammé. II raconta alors que, deux jours auparavant, un chirurgien de marine prétendant que son mal n’était qu’une hernie aqueuse, lui avait, fait avec une lancette une incision qui n’avait donné issue qu’à du sang, quoiqu’il eût passé Quelques minutes à farfouiller la tumeur avec une sonde, dans l’es-, poir d’obtenir de l’eau. — Un traitement antiphlogistique fut employé; mais presque tout le testicule tomba en pourriture. (Polt. OEuv . chir ., t. 2 , p. r 17.)

Obs. 3 .— Hydrocèle prise pour un sarèocèle. — M. D**,de St-Domingue, homme de couleur, âgé de quarante ansj s’étant froissé le testicule droit, y ressentit, pendant plusieurs années, de vives douleurs. A son arrivée à Paris, le testicule était dur, inégal , pèsant, sensible, et il était le siège de douileurs lancinantes. Dupuytren pratiqua l'extirpation. Après la première incision, ayant reconnu un point fluctuant, il l’ouvrit; une humeur roussâfcre et inodore qui en sortit ajouta une nouvelle certitude au diagnostic: l’extirpation fut achevée. L’examen de la pièce fit voir que la tumeur était formée par la tunique vaginale devenue cartilagineuse, et que le liquide qui sien étjût échappé lors de {opération devait ses qualités à jdu sang fourni

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par une perforation régulière arrondie ^ pénétrant jusque dans l’intérieur du testicule qui, lui-même, était sain. Sabatier y édition Sanson et Begin y tom. III, p. 27.

Qbs. 4 . —r Tumeur (le la tunique vaginale prise suer, cessivementpour une hydrocèle etpaurun sarcocèle. —Un porteur d’eau avait une tumeur du scrotum qui fut prise par un chirurgien pour une hydrocèle double, et traitée par une double ponction. Le côté droit fournit un peu de sérosité ; le gauche du liquide sanguinolent. Le malade se présenta à la Charité. La tumeur était dure, et de vives douleurs s.’ÿ étaient développées depuis 1’opération; Boyer et Deschamps crurent à un squirrhe du testicule gauche. En conséquence, l’opération fut pratiquée ; la tunique vaginale , épaisse de huit à dix lignes, formait la tu^meur; le testicule extirpé était sain. ( Bayer, t. 1Q, p. 507.)

Ohs. 5. -t— Encéphaloïde de la cloison inter-vaginale méconnue.~Un homme de 40 ans portait une tumeur du scrotum qui fut prise pour une hydr.ocèle, et vidée par la ponction; le testicule parut augmenté de volume et, comme une partie de la tumeur persistait , on pensa que la tunique vaginale était indurée. Plus tard , la tumeur s’étant reproduite , et ayant atteint le volume de la tête, on songea à pratiquer l’opération de la castration, dont on 11 e fut détourné que par l’existence d’une tumeur dans le ventre; une ponction fut pratiquée, par laquelle il s’écoula quatre livres de sérosité jaunâtre ; après cette opé-

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ration on put constater que le testicule avait son volume ordinaire ; la tumeur n’avait pas diminué de plus d’un tiers. Par quoi était-elle formée ? on s’arrêta à l’idée d’un kyste rempli de liquide, et l’on enfonça un trocart dans le point qui semblait le plus ramolli , mais on n’obtint que du sang que la ponction faisait jaillir. A l’autopsie , on trouva la cloison inter-vaginale épaisse de quatre à cinq pouces, et transformée en tissu encéphaloïde. ( Archives , t.XVII, p. 457.)

Obs. 6. — Épiplocèle pleine d’Iiydatides prises pour un hydrocèle. —Un jeune homme de 20 ans avait une tumeur qui se présentait sous la forme d’une hydrocèle. Lamorier, chirurgien de Montpellier, voulut en opérer la cure radicale. L’incision faite, il reconnut que l’épiploon rempli d’hydatides formait la maladie. ( Mémoires acad. chir. , t. III, p. 404. )

Obs. 7. — Un chirurgien très-expérimenté, trompé par la transparence et la légèreté d’une tumeur du scrotum, dans un enfant, la prit pour une hydrocèle, et y plongea le trocart pour en évacuer l’eau ; mais il ne sortit qu’une petite portion d’épiploon. Ce chirurgien reconnut alors son erreur, ouvrit le sac herniaire, coupa 4’épiploon , et le malade guérit sans éprouver aucun accident. ( Warner cité par. Lassus. Méd. opér. , t. I, p. 218.)

Obs. 8. —Hydrocèle enkystée , réductible par la compression prise pour une hernie .—Boyer a vu un enfant de 5 ou 6 ans chez lequel on pouvait faire rentrer une hydrocèle enkystée par Vanneau inguinal, en la

poussant de bas en haut suivant la direction du cordon; et aussitôt qu’on cessait de comprimer, elle reparaissait; aussi l’avait-on prise pour une hernie. (Mal, chirurg ., t. X , p. 230. )

Obs. 9. *— Hydrocèle enkystée dans le tissu cellulaire qui entoure le ligament rond de Vutérus , prise pour une hernie. — Une femme portait une tumeur ovoïde, lisse, à peine douloureuse, et rénitente comme une vessie remplie de liquide, située obliquement au-dessus de l’aine gauche, et se prolongeant dans la grande lèvre de ce côté. Comme cette région avait été occupée quelques mois auparavant par une tumeur que la compression faisait disparaître, plusieurs médecins regardèrent celte maladie comme une hernie; et en conséquence , on mit à nu la tumeur qui n’étàit autre chose qu’un sac distendu par une énorme quantité de sérosité jaunâtre, et dontla surface interne était rugueuse. C’était un épanchement de liquide dans la gaine celluleuse du ligament rond. (Paletta. Archives , t. 26, p. 3 ^ 8 .)

Obs. 10 .—Hydatide simulant une hernie. —Sur le cadavre d’une vieille femme, on trouva une tumeur globuleuse du volume d’une petite noix, d’une élasticité remarquable, placée immédiatement audessous du bord inférieur du ligament de Fallope, à une distance égale de la symphyse du pubis et de l’épine iliaque antérieure et supérieure, ressemblant aux hernies marronnées, mais ne rentrant point par la pression. On crut que cette tumeur était une hernie crurale avec adhérence;: mais la dissection

démontra qu’elle était formée par unè bydatidé un peu allongée et ovoïde, qui avait éontracté des adhérences avec le ligament de Fallope. (Archives j t. XIX, p. 581.)

Obs. 11. — Tufneur graisseuse prise pour une hernie , — Un prince étaitaffecté, au rapport de plusieurs médecins de mérite, d’un épiplocèle un peu au-dessus de l’ombilic et à gauche. Bien qu’en examinant la partie, Morgagni reconnût une tumeur molle, peu saillante, circulaire; comme il n’y sentit rien d'inégal* il suspendit son jugement. Quelque temps après, le sujet étant mort, on vit qu’il s’agissait d’une accumulation de la graisse dans les cellules du tissu adipeux extérieur au péritoine, ( Morg. de Sedib. et caus., Morb. Epist. XLIII. § 10. )

Obs. 12.—Tumeur graisseuse simulant une hernie .— Morgagni rapporte d’après Schulzius l’observation d’un homme où. l’on prit d’autant plus facilement pour une hernie la graisse qui accompagnait en abondance le cordon spermatique, que le sujet était du reste extrêmement maigre. (De sed. etcausis Môrb. Epist. XLIII § 10.)

Obs. 15. — Tumeur graisseuse prise pour un bubonoeèle.— Morgagni rapporte , d’après Pteschius, qu’ün homme doué d’un grand embonpoint avait une tiimeür graisseuse d’autant plus susceptible d’induire en erreur que la graisse, s’étant amassée dans le tissu cellulaire du péritoine, s’était échappée par l’anneau dans lescrotum d’un côté seulement, et en si grande quantité que la tumeur représentait

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un oschéocèle. (Morgagni de sedibus et camis Morb. Epist. XLIII. § 10.)

Obs. 14.— Tumeurs graisseuses prises pour des hernies épiploïques. —Pelletan a observé des tumeurs graisseuses qui, extérieures au péritoine et engagées dans l’anneau inguinal et le scrotum , simulaient parfaitement des hernies épiploïques par leur mollesse, l’inégalité de leur surface et leur réductibilité. ( Pelletan, clin, chir., t, III, p. 55.)

Obs .15. — tumeur graisseuse prise pour une hernie. — Un homme vient à l’hôtel-Dieu pour des coliques habituelles qu’il éprouvait depuis plusieurs années : on reconnaît une petite hernie au-dessus de l’ombilic^ et on Irouve seulement un paquet graisseux qu’on emporte. Dès ce moment les coliques ont disparu. ( ‘ Cruveilhier, Essai sur l’anatomie patholoq., t. 11, p. 168;)

Obs. 1(|. — Fracture du col du fémur sans raccourcissement, méconnue. — Manœuvres. — Déviation. — Un homme avait fait une chute sur le grand trochanter; une forte contusion sans raccourcissement du membre en fut le résultat. On put faire exécuter de légers mouvemens au membre , quoiqu’il y eût beaucoup de douleur : Sabatier jugea que la cuisse n’était ni fracturée ni luxée, cependant quelques jours après il vit le raccourcissement se produire pendant les mouvemens qu’il essayait de faire faire au membre:. La fracture fut alors reconnue, le malade guéri, avec un peu de claudication. ( Sabatier , Mém. Acad, chir,, t. IV, p- 655.)

DES ERREURS Obs. 17. — Hjdropisie enkystée prise pour un hydropéricarde. Opération. Mort. — Un homme fut reçu à l’hôpital de la charité avec des symptômes que les uns attribuaient à une maladie du cœur, les autres à une hydropisie du péricarde. Desault partageant cette dernière opinion ouvrit avec les précautions requises, la poitrine entre la sixième et la septième côte gauche. Le doigt indicateur porté dans la poitrine par cette incision, Desault sentit une espèce de poche pleine d’eau qu’il prit pour le péricarde : cette poche fut ouverte et donna issue à 5 ou 6 onces de sérosité. Le malade mourut le lendemain. Le péricarde était intact. La poche qui avait été prise pour ce sac membraneux, était formée par une membrane qui unissait le bord antérieur du poumon à ce même sac. Le péricarde contenait un peu de sérosité rougeâtre, mais le cœur était atteint d’anévrisme passif. Boyer, t. VII, p. 411.

Obs. 18. — Rétention d’urine causée par une tumeur hydatique développée entre la vessie et le rectum. —Un homme de 61 ans portant plusieurs tumeurs à l’abdomen fut pris à différentes reprises de rétention d’urine pour lesquelles il fut sondé chaque fois avec difficulté* Enlin l’introduction de la sonde devint impossible, arrêtée quelle.était au col de la vessie. Les tumeurs rte l’abdomen s’opposant à la ponction hypogastrique , on eut recours à celle par le réctum ; avec d’aulaut plus de conhance que le doigt introduit par l’anus y sentait une tumeur inollè et fluctuante. Le trocart était à peine introduit qu’il s’é-

DU DIAGNOSTIC, coula à la fois par son orifice et par l’urètre une grande abondance de liquide, mais de propriétés biendifférèntes : l’un en effet était de l’urine reconnaissable à ses qualités physiques , celui qui coulait par le trocart était le contenu d’un kyste qui, placé entre le rectum et là vessie, s’était opposé à la sortie de l’urine, en comprimant le col de ce dernier organe. ( Lesauvage, Bulletin de la Faculté de méd. f 1815, p. 459.)

Obs. 19. — Rétention d’urine prise pour une ascite. —Un jeune homme, après une chute sur les lombes, devient paralytique; l’urine sortait involontairement; cependant, le ventre se tuméfiant prodigieusement, on allait faire la ponction, lorsque l’exploration de la vessie par le rectum faite par le conseil de Franck fit jaillir l’urine par l’urètre. On sonda et on fit sortir en deux fois 24 livres d’urine. La sonde d’abord laissée à demeure fut ôtée quelques jours avant la piort du malade, déterminée par les progrès de l’affection de la région lombaire; on trouva 80 livres d’urine dans la vessie qui refoulait le diaphragme dans la poitrine. (Franck, cité par Boyer, t. IX,

Obs. 20. — Rétention d’urine prise pour une ascite. —Une femme délicate sentit son ventre grossir sans cause appréciable et sans éprouver d’incommodité: cependant son ventre continua à s’élever et il survint une infiltration excessive aux membres inférieurs. Cette infiltration s’éteudit bientôt aux parties supérieures La malade fut jugée hydropiquè et on fit

DES ERREURS venir tin chirurgien, pour lui faire la ponction. Le flot du liquide contenu dans le ventre était évident. On prescrivit quelques diurétiques avant d’en venir à l’opération. Dans l’intervalle, la malade se plaignit de suppression totale d’urine depuis trois jours. La sonde amena 18 livres d’urines et procura l’affaissement de la tumeur abdominale, l’anasarque se dissipa, etc. (Murray cité par Boyer, t. IX, p. 179.)

Obs. 21 .—Rétention d’urine prise pour une hÿ~ dropisie. —• Wandœhren s’est fait honneur d’avouer qü’il avait donné seé soins à une femme qu’il croyait hydropique, et qui mourut d’une rétention d’ùrine et de la crevasse qui se.fit à la vessie. Chop art j 1-346.

Obs. 22. — Ilijdropisie ascite prise pour une rétention d’urine. — Les auteurs ont prévenu les chirurgiens du danger de prendre fine rétention d’urine pour unehydropisie, et de pratiquer dans ce cas la paracenthëse. Il faut aussi se garder de prendre une hydropisie pour une rétention d’Urine et de pratiquer al/rs le cathétérisme avéc trop de vigueur. Par suite d’ünë erreur semblable ; On avait poussé la sonde jusque dans la vessie qui était vide *, on se croyait arrêté par un rétrécissement de l’urètre;* on pressa davantage^ Là vëssié fut percée et tout le liquide d’une hydropisie ascite s’écoula par la sonde placée dans i’urètré. On eut occasion de vérifier cet accident par l’ouverture du cadavre. (Thèse de M. Bérard, aîné,

Obs. 25.— Lipôme avec fluctuation. —M. Lisfranc, ayant eu à traiter une tumeur d’une forme irrégu-

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lière, d’un volume considérable, du poids d’environ 3 livres, située à la partie postérieure etlatérale du cou, cruty reconnaîtrede la fluctuation et fit une ponction explorative ; aucun liquide ne s’écoula, la tumeur fut enlevée ; c’était un lipôme; (Archives,t. XII, p. 617:) %

Obs. 24. — Fongus synovial pris pour un abcès : — Sennert rapporte qu’à la suite d’une coiltusion, il survint au*dessus de la malléole externe une tumeur qu’un empirique ignorant et grossier prit pour une luxation qu’il s’efforça de réduire. Cette tumeur fit des progrès j s’étendit sur la face supérieure du pied ^ puis entre les os du métatarse qu’elle écarta lés uns des autres.. La peau avait eohsèrvé sa couleur. Uii chirurgien, ayant cru sentir de la fluctuation dans cette tumeur qui était molle et douloureuse, y fit une incision d’où il ne sortit que du sang et une masse spongieuse pleine de sang noir. Une autre incision, pratiquée sur une nouvelle tumeur de la plante du même pied * laissa sortir une substance charnue de même nature que celle qui était sortie de la première. De nouveaux fongus d’un volume énorme nécessitèrent bientôt l’amputation du pièd; Celle-ci n’empêcha pas la mort ; car de nouveaux fongus se manifestèrent sur la plaie et dans la région inguinale du même côté. Fabr. Hiklan, cent, n, obs. 35, p. 110.

g II. — Erreurs de diagnostic provenant de ce que deux maladies ont des symptômes analogues.

C’est ici que se range le plus grand nombre des erreurs de diagnostic. En parcourant la liste de celles qui sont ici relatées, on verra que presque toujours la faute a été commise, parce que le chirurgien a négligé de faire l’examen attentif de toutes les circonstances qui se rattachent à la maladie. Nous devons ajouter qu’il en est quelques-unes où la méprise suppose ou une ignorance profonde, ou une incurie extrême, ou une préoccupation bien grande de la part de l’homme de l’art.

Obs. 25. — Hydro-encéphalocèle, pris pour une liydropisie enkystée et une loupe, r— Opération. — Mort. — Un enfant nacquit avec deux tumeurs à la partie postérieure de la tête. L’une, contenant un liquide transparent , était longue d’environ deux pouces et demi, et avait une forme ovalaire : adhérente par l’une de ses extrémités à la partie moyenne de l’occipital , elle était libre et flottait sur le cou par l’autre. La seconde tumeur, située à côté de la première, n’en était séparée que par un repli de la peau légèrement enfoncée en cet endroit. Elle avait la grosseur d’un œuf de poule, et les tégumens, couverts de cheveux, laissaient distinguer au toucher une masse de la consistance du stéatome qui paraissait tenir à l’os par un gros pédicule, ne cédait pas à la compression et n’offrait aucun battement. Les parens

DU DIAGNOSTIC, exigèrent l’extirpation de ces tumeurs , que le chirurgien , trompé par l’absence des signes caractéristiques de l’encéphalocèle, entreprit, bien qu’à regret. La dissection des tégumens lui montra une communication entre l’intérieur du crâne et les tumeurs au moyen d’une perforation moins considérable que la masse herniée, et donnant à la fois issue à cette masse et à l’hydrocéphale. L’ablation fut néanmoins achevée ; mais l’eiffânt mourut quelque heures après. Journ. de Desault, t. m , p. 52 1. — Ce qui avait contribué à faire prendre l’hydrocéphale pour un kyste, c’est qu’effectivement une partie de la tumeur aqueuse était formée par un kyste, distinct de l’autre partie qui communiquait avec le crâne.

Obs. 26. — Enfoncement au centre de bosses sanguines , pris pour des fractures du crâne . — Un enfant, en tombant dans une cave, se fit une bosse de la grosseur d’une poire, occupant la tempe, du coin de l’œil au-devant de l’oreille. Trois chirurgiens pensèrent qu’il y avait un enfoncement des os du crâne, et qu’il faudrait trépaner. Cette erreur était causée par la mollesse du centre delà tumeur qui se déprimait sous le doigt, pendant que la circonférence résistait comme les bords d’un enfonçure. Une pulsation très-forte confirmait encore cette erreur, en faisant attribuer au soulèvement de la duremère ce qui n’était que le résultat de la lésion de l’artère temporale, comme J.-L. Petit le démontra par l’incision qui fut faite sur la tumeur, pour donner

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issue au sang épanché entre le muscle temporal et

les tégumens. J.-L. Petit, t. i, p. 49, mal. chir.

Obs. 27. — Le fils d’un coutelier, âgé de dix ans, se fit en tombant une bosse occupant toute l’étendqe de la suture sagittale. On y sentait une pulsation si forte, que plusieurs crurent, en touchant cette bosse, que la suture sagittale était écartée ; ce qui n’était pas. En effet, J.-L. Petit, par une incision , fit sortir tout le Jing épanché; puis , le sang continuant à couler, il l’arrêta par la compression, et fit ainsi cesser les pulsations dues seulement à la lésion des vaisseaux. Loc. cit. , p. 50.

Obs. 28. — Un enfant venait de recevoir un coup de bâton sur le pariétal droit. Ce coup produisit à l'instant une bosse de la grosseur d’un œuf de poule, dont le milieu était mou; ce qui faisait croire, en y touchant, qu’on enfonçait le doigt plus avant que la convexité tlu crâne. Aussi, croyait-on à l’existence d’un enfoncement, d’autant plus que la circonférence de la tumeur était ferme, et résistait comme auraient fait les bords d’une enfonçure du crâne des plus considérables. Un bandage et des résolutifs dissipèrent cette tumeur sans enfoncement. J.-L. Petit, Mal. chir. , t. i, p. 47.

Obs. 29. — Tumeur sanguine simulant un encéphalocèle. — Un médecin fût appelé pour un enfant d’un mois sur la tête duquel, quelques jours après la naissance, on avait aperçu une tumeur ovoïde située à la fontanelle postérieure du côté droit, qui augmenta pendant les trois premières semaines. Cette

tumeur lisse, sans changement de couleur à la peau, était molle mais légèrement résistante , diminuait de volume par la compression exercée de haut en bas, offrait des battemens isochrones à ceux du pouls et quelques mouvemens confus qu’on regarda comme analogues aux mouvemens respiratoires : on diagnostiqua une encéphalocèle. — L’on prescrivit la compression dé la tumeur qui diminua effectivement par ce moyen; mais,loin d’être rentrée dans le crâne qui, trois semaines après était en partie ossifié, elle s’était répandue en bas en fusant vers la suture lambdoïde, et les battemens avaient disparu. C’était donc un épanchement sanguin et non une hernie du cerveau. (Michel, Gaz. méd., 1833, p. 183.)

Obs. 50. ■— Fongus des os du crâne , pris pour un abcès. — Un soldat, âgé de 22 ans, éprouva des vertiges, des bourdonnemens d’oreille, avec un sentiment de tension au côté droit de la tête, sans fièvre. On découvrit à la région pariétale droite un point de la largeur d’une pièce de 6 francs, médiocrement gonflé et à demi-mou , limité par un bord osseux, sans fluctuation ni pulsation, cédant sous le doigt, et causant peu de douleur quand on le comprimait davantage. La vue, du côté droit, était affaiblie. Croyant avoir affaire à un dépôt purulent, on incisa la peau en croix; mais on vit sortir une masse molle, rougeâtre, parsemée de vaisseaux, et il survint une hémorrhagie. La tumeur fut peu à peu détruite par les caustiques , et l’on découvrit la surface de l’os, saignante, inégale, et présentant

DES ERREURS dans un point un vide de la grosseur d’un tuyau de plume dans lequel s’enfonçait une portion de la tumeur. On ne put savoir si celle-ci pénétrait jusqu’à l’intérieur du crâne ; la cautérisation de l’os détermina la formation de bourgeons charnus et la guérison. Eck, Archives, t. 22, p. 227.

Obs. 51.*-^- Flajani assure qu’un athérome du cuir chevelu fut pris par beaucoup de médecins pour un fongus de la dure-mère ou une hernie du cerveau. Ils ne le crurent pas susceptible de guérison. Un empirique ayant fait la ponction de la tumeur, beaucoup de matière puitacée sortit par l’ouverture et la cure fut bientôt parfaite. Dict. des scien. médic., t. XXIX, p. 104.

Obs. 52. — Mucus nasal, pris pour la substance cérébrale. — Un homme avait reçu au dessus du sourcil un coup qui avait ouvert le sinus frontal : la plaie fournit, dès le second pansement, des flocons de matière blanchâtre qu’un chirurgien prit pour des portions de la substance du cerveau. Maréchal, qui fut appelé, reconnut que la plaie n’allait pas au delà du sinus, et que cette matière blanchâtre n’était que du mucus. Mém. académ. de chirurgie, t. II, p. 159, in-12.

La membrane qui tapisse le sinus peut, lorsqu’elle n’est point déchirée, recevoir par la respiration un mouvement qui imite celui de la dure-mère; ce qui peut encore contribuer à faire croire que la plaie intéresse toute l’épaisseur du crâne. Royer, t. VI, p. 187.

Obs. 53 — Tumeur à la mâchoire , qui en a imposé pour une exostose: —Un homme portait une tumeur de la mâchoire inférieure qui détermina des abcès au dedans et au dehors dé la bouche. Après l’ouverture dp ces abcès, on reconnut une tumeur dure qu’on prit pour une exostose : ce n’était pourtant qu’un corps étranger du volume d’un œuf de poule , dur, mobile, logé dans une cavité formée par l’écartement des lames ramollies de l’os maxillaire, ce qu't démontra l’autopsie. Mém. acad. chirur., t. Y, p. 552. — Si on eût reconnu cette disposition, il eût été facile d’extraire ce corps ; ainsi que Dupuytren Ta démontré par sa. pratique.

Obs. 54. — Fistule dentaire, prise pour un ulcère cancéreux. La lésion de la dent canine de la mâchoire supérieure cause quelquefois une fistule qui a son siège près de l'aile du nez, dans l’enfoncement qui sépare la lèvre supérieure de la dent correspondante. J’ai vu une fistule de cette espèce qu’un chirurgien avait prise pour un ulcère cancéreux , et pour laquelle il avait prescrit au malade l’extrait de ciguë pendant plus d’une année. Les fonctions de l’estomac en avaient été dérangées et la constitution de l’individu était fort altérée. Je fis arracher la dent canine, dont la racine était altérée • deux jours après, la fistule était guérie. — Boyer, t. VI p. 248.

Obs. 55. — Grenouillette prise pour un abcès froid.

— Quelquefois, il arrive que la grenouillette, au lieu d’étendre ses progrès vei’s la bouche, se porte

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au-dessous de la mâchoire et sur la partie latérale et antérieure du cou, où. elle forme une saillie quelquefois très considérable. Dans ce cas, ellepôUrràit être prise pour un abcès froid, ou pour un engotgément lymphatique; et, si l’on en faisait l’buvèftüre ou si elle s’ouvrait d’elle-même, il en résultëfâit une fistule, qu’il serait peut-être impossible de guérir. Royer a vu deux fois des hommes fle l’art très instruits commettre cette méprise. Heureusement , on se borna à appliquer des emplâtres fondans sur la tumeur, qui fut ensuite guérie par l’opération convenable. Boyer,> t. VI. p. 506.

Obs. 56.— Vésicule biliaire dilatée, prise pour Une hydropisie enkystée ; pour des abcès . Une demoiselle avait une tumeur à la région du foie; cette tumeur était d’une étendue si considérable et accompagri ée d’une fluctuation si sensible, qu’elle fut prise pour unehydropise enkystée. On y fit laponction, et au lieu de sérosité, il en sortit deux pintes de bile très verte et fort glu ante. La malade mourut. J. L. Petit. Mém. Acad. chir. , t. 1 p. 155.

Obs. 37. —On ouvrit une tumeur que l’on croydit être un abcès au foie. Au lieu de pus ÿ il en sortit environ une chopine de bile verte.—La malade succomba. J. L. Petit. Loc. cit. p. 136,

Obs. 58. —J. L. Petit fut appelé en consultation avec plusieurs médecins et chirurgiens, poiir une tumeur du foie. Tous jugèrent qu’il y avait abcès, et J. L. Petit fut chargé de l’ouvrir. Incision faite delà peau, il s’aperçut de l’affaissement et de ïadiminutiôn

DÛ DIÀGNOStlC. i31

dé Id tuineur ët sÜSpehdit l’bpéràtioii, pensànt qüfe cë prétendit abcès ii’ëtait que la bile fetëfiüe dans là Vésieülfe dii fiel, et qüe l’affaissëliient de là tuinebr était dû à ce que le liquideavàit cotninëiicé à coulât. Gëtte bpihioii fût démontrée par la quantité dè bile tjue le malade rendit quelqties instans après, et par là gtlêfiSbn qüi suivit bientôt, L G. p. 136.

Obs: 39. — On prit pour un abcès Une tumëiit qu’uüe dame portait à la région dti foie; malgré l’avis dé J. L. Petit on l’ouvrit. L’ouverture resta fistüleüse, èt Continua à fournir dë la bile ; on ën fit mêifie Sbftit plus tard un calcul biliaire. —• J. L. Petit. Méïri. AJacd. l chir. T. \. p. 157.

Obs. 40. — Le même chirurgiën fut appelé pdiir être présent à l’ouverture d’un abcès dü foie chez un malade atteint d’ictère fébrile. Des frissons irréguliers s’étaient manifestés et une tumeur fluctuante considérable avait paru , en même temps que la douleur avait diminué sous l’influèiiéë dés saignées et des laxatifs. J. L. Petit pensa que cette tumeur était la suite de la rétention de la bile qui, ne coulant plus par le canal cholédoque, avait dilaté la vésicule et soulevait les tégumens ët les muscles de l’abdomen. — En conséquence de cètte opinion qu’il fit partager à ses confrères, on continua lë traitement déjà employé ;ët le retour de la bile dans lès selles en grande quantité, détermina bientôt l’affaissement du prétendu abcès et la guérison du malade. L: G. p. 158;

Obs. 41. —Une observation semblable est rapportée

j52 DES ERREURS

dans le même mémoire. L’erreur ici était encore plus facile à commettre : en effet, le malade, malgré l’accumulation de la bile dans la vésicule, avait tous les jours des selles bilieuses. Loc, cit. p. 167.

Obs. 42.— Kyste hydatique de la grande lèvre, pris pour une hernie, excision, guérison. Une fille de 12 ans, portait dans l’aine une tumeur qu’elle ne montra à sa mère que lorsque cette tumeur eut atteint la grosseur d’un œuf de poule. Plusieurs chirurgiens consultés alors , s’appuyant sur la forme ovale de la tumeur qui s’étendait de la grande lèvre à l’anneau du même côté, et sur ce qu’elle semblait augmenter et descendre quand la malade toussait ou criait, et paraissait se prolonger à travers l’anneau inguinal, diagnostiquèrent une hernie et conseillèrent un bandage. Desault s’étant assuré : 1° que la tumeur , quoique mobile, n’était pas réductible ; 2°qu’elle était transparente et fluctuante; 3° qu’en la tirant en bas; elle s’éloignait de l’anneau et laissait entr’elle et cette partie , un vide où l’on pouvait enfoncer le bout du doigt, et constater qu’elle n’était formée par aucun prolongement du bas-ventre, reconnut un kyste hydatique, l’opéra et guérit la malade. Pendant l’opération , quand la malade criait, on voyait paraître à la partie supérieure de la poche, vers l’anneau inguinal , une tumeurqui disparaissait quand on exerçait sur elle une légère compression, ou quand la malade cessait de crier. C’était le péritoine qui, poussé avec l’intestin sur l’an-

neau,pendant les cris ouïes efforts de l’enfant, avait induit en erreur. Journ. deüesault. T. I. p. 251.

Obs. 45. — Kyste du vagin pris pour une hernie. — Une femme âgée de 24 ans, ayant eu deux enfans, portait, à la partie postérieure et gauche du vagin, une tumeur ronde recouverte par la muqueuse, et de la grosseur d’un œuf de poule. La toux semblait augmenter son volume et la poussait à l’orifice du vagin, oh elle se présentait également quand la malade restait long-temps debout. Ces circonstances jointes à la mollesse de son tissu et à la facilité avec laquelle on la repoussait sans cependant la faire disparaître, la faisaient prendre pour une hernie. Pelletan s’assura qu’il n’existait aucune continuité entre elle et les parties voisines, et qu’elle était fluctuante, Il reconnut alors un kyste du vagin qu’il guérit par l’incision. Pelletan, Clin, chir., t. I, p. 250.

Obs. 44. — Abcès du muscle iliaque , pris pour une hernie. — Un ouvrier, âgé de 42 ans, fait une-chute sur le côté droit. Quelques mois après , douleurs vives dans la région inguinale , tuméfaction avec crépitation emphysémateuse. On plonge le bistouri , il ne sort qu’un peu de sang; mais les jours suivans , il s’échappe des gaz et une matière roussâtre, sanieuse , d’une odeur de matières stercorales. La pression détermine un gargouillement sonore; on crut à une perforation intestinale. A l’autopsie, on trouva l’intestin parfaitement sain , et un vaste foyer

purulent dans le p3oas et l’iliaque. (Dance, 4 rch.,

Obs. 45. — Tumeur sarcomateuse de l’ombilic , prise pour une exomphale . —-Une femme de 50 ans portait au-dessus de l’ombilic une tumeur qui augmenta peq à peu , et devint grosse comme la tête d’un enfant. Plusieurs chirurgiens la prirent pour une pxpmpbale, et la traitèrent en conséquence. Ennuyée de son état » elle se confia à un charlatan qui appliqua des caustiques qui ne firent qu’aggraver le mal, pt la jetèrent dans un état désespéré. Enfin» l’extirpation de la maladie vint à bout de tous les accidens. (Jour, de méd. chir.t. I¥,p. 374.)

Obs- 46. — Çystocèle prise pour une hydrocèle. — Méry, appelé pour soulager le général d’une congrégation religieuse affecté d’une difficulté d’uriner découvrit, du côté gauche du scrotum, une tumeur énorme et fluctuante, qu’il prit d’abord pour une hydrocèle ; mais le malade le tira d’erreur, en soulevant les l^pursq§ avec les mains. I/prine sortit ppr l’urètre, et la prétepçjue hy<|fqcèle disparut entièrement. C’était upe çystopèle inguinale.

Obs. 47. — Cystççèle prise pour un rétrécissement de l’urètre, — Up laboureur, à la suite d’une, gonorrhée , avait que difficulté d’uriner, pour laquelle un chirurgieq de campagne lui passait de temps en temps des bougies , pensant, vu l’amélioration qui s’en suivait, avoir affaire à des carnosités- jCp chirurgien assura à J.-h- l*etit, que le malade ayqit pu bubon qui paraissait et disparaissait plusieurs fois

par jour. Un examen et des questions convenables ayant fait reconnaître une cystocèle, mirent Petit en état de guérir le malade, à l’aide d’un bon bandage porté assidûment. J.-L. Petit, Mal. chir. p. 419 , t. II, première édit.

Obs. 48. — Hernie du colon , prise pour un entéroépiplocèle. — J.-L. Petit, en réduisant une hernie, diagnostiqua une hernie entéro-épiploïque ? l’opération lui montra une hernie du colon , avec trois lobules ou appendices de la graisse qui accompagnent cet intestin. [Mal. chir. t. II, p. 308.)

Obs. 49. — J.-L. Petit rapporte qu’il fut présent à une opération de bubonocèïe ? où un de ces lobules était si gros et si alongé , que l’opérateur le prit pour l’épiploon , et l’aurait lié s’il n’eût été arrêté.

Obs. 50. — Cystocèle prise pour des abcès. — Un paysan eut une rétention d’urine; le périnée, le scrotum et l’aine droite s’enflèrent. La tumeur de l’aine augmentant toujours fut prise pour un abcès. A l’incision qui y fut faite, au lieu de pus, il sortit de l’urine. Le malade guérit par l’usage de la sonde, la précaution de le faire coucher sur le côté opposé à la fistule , et les moyens adoucissans locaux et généraux.

Obs. 51.— Epiplocèle prise pour un varicocèle. — Oq avait employé contre une tumeur de l’aine que portait un jeune homme, tous les astrîngens et les résolutifs capables de donner du ressort aux vaisseaux que l’on croyait affectés de varicocèle. Un examen attentif fit voir à Pipelet que c’était une hernie épi-

ploïque. Il en fit la réduction et la contint par un

bandage. Mém. acad. chir., t. V, p. 645.

Obs. 52.—-Un officier de 25 ans, avait une épiplocèle de cette espèce; depuis dix ans il était traité pour un varicocèle. Pipelet ayant reconnu la méprise réussit comme dans le cas précédent. (L. C.)

Obs. 55. — Double épiplocèle prise pour un engorgement des vaisseaux spermatiques. — On lit (dans la nosographie chirurgicale, p. 426, t. IV ) le fait suivant :

« Un individu de 45 ans était alors affecté d’un » double sarcocèle que j’hésitais à opérer, les cor- » dons me paraissant plus durs, et surtout plus vo- » lumineux que dans l’état ordinaire. Enfin, vaincu » par les importunités du malade , je me décidai à » pratiquer la castration. Quelle ne fut point ma » surprise de trouver, au-devant des cordons, une » corde graisseuse que je reconnus aisément pour » un prolongement épiploïque. Il couvrait de chaque » côté le cordon parfaitement sain, et adhérent par » la partie inférieure à la partie supérieure de la tuv meur qui recouvrait la tunique vaginale. Je liai » l’épiploon et le cordon tout ensemble sans que » cette ligature fût suivie d’aucun accident. » ( Richerand , nosogr. , cinquième édition , t. IY , p. 426. ) Obs . 54. ! — Hernie prise pour un bubon. — M. Burdin jeune a vu, aux consultations delà société de médecine de Paris, un hormne qui portait dans l’aine une tumeur indolente, sans changement de couleur à la peau. Un des plus illustres praticiens de Paris avait qualifié de bubon cette tumeur, qui

DU DIAGNOSTIC. i3 7

s’ouvrit d’elle-même et donna issue à un ver lombric et à des matières fécales. ( Arch . 2 e série , t. VI, page 57.)

Obs. 55. — Hernie crurale , long-temps méconnue et prise pour une hernie inguinale. — Un homme de 52 ans, portait depuis long-temps une hernie qu’il contenait à l’aide d’un brayer. Il fut pris d’une fièvre avec toux catarrhale , pour laquelle il requit les soins de son médecin accoutumé. Pendant le cours de cette maladie, il survint des vomissemens opiniâtres, puis des hoquets, qui furent attribués aux efforts de la toux et à l’expectoration difficile : le chirurgien ne fut appelé que le sixième jour. La hernie s’était échappée par dessous le bandage et répondait à l’anneau, comme si elle eût été inguinale. Pelle tan pratiqua le taxis, puis l’opération, dans cette opinion : ce ne fut qu’au moment où il allait débrider l’anneau qu’il s’aperçut que la hernie ne passait pas parcette ouverture et qu’elle était crurale. Les manœuvres furent alors tournées de ce côté. Le malade guérit après plusieurs accidens qui ne sont pas de notre objet. Pelletan, Clin. chir. ; t. III, p. 60.

Obs. 56. — Hernie crurale prise pour une hernie inguinale. — Pelletan dit avoir opéré, chez l’homme, des hernies qu’il croyait avoir leur issue par l’anneau inguinal, et n’avait reconnu son erreur qu’a près avoir ouvert le sac et essayé d’introduire le bistouri dans l’anneau po,ur en opérer le débridement; alors seulement il s’aperçut que l’anneau n’était pas

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