‹ Du diagnostic des différentes formes de méningite cérébrale aiguë et tuberculeuseChapitre 9 sur 11 · La diarrhée remplace la constipation de la ménin gîte · texte numérisé non relu

La diarrhée remplace la constipation de la ménin gîte

4. La rétraction des parois abdominales ne s’observe pas (HugCienin) (3).

5. Letracé de la température est presque caractéristique de la maladie (Wunderlich) (4).

6. L’épitaxis, les taches rosées lenticulaires, la douleur et les gargouillements dans la fosse iliaque sont bien moins rares dans la fièvre typhoïde que dans la méningite.

7. La tuméfaction de la rate, les hémorrhagies intestinales n’ont pas lieu dans la méningite (Murchison).

8. Les mouvements convulsifs partiels (strabisme, trismus, soubresauts de tendons) n’existent pas dans les premiers jours de la dothiénentérie (Jaccoud).

9. Le malade est plus maussade dans la méningite ne voulant pas être touché, plus apathique dans la dothiénentérie (Murchison).

(1) Ibid., p. 179.

(2) Treatise on continued fevers. London, 1873, p. 594.

(3) Cyclopædia of the Pract. of médecine. Ziemssen, p. 572.

(4) Wunderlich. Sur la température dans les maladies, p. 294.

10. L’existence de la fièvre typhoïde dans la maison où le malade demeure serait une présomption vers celte maadie (Murchison).

11. L’examen ophthalmoscopiquedémontreraitrabsence de tubercules dans la choroïde (Murchison).

12. La respiration n’est pas irrégulière dans cette maladie (Trousseau).

Malheureusement ces signes distinctifs entre les deux maladies n’existent pas toujours, la céphalalgie intense, les vomissements, la constipation, le pouls irrégulier, contractures etc., de la méningite pouvant se rencontrer dans la dothiénentérie. Trousseau (1) a surtout insisté sur l’irrégularité de la respiration au sujet de laquelle Murchison (2) fait observer que quoiqu’elle puisse se trouver dans la fièvre typhoïde, elle est surtout l’indication detroubles cérébraux. M. Huguenin regarde la rétraction des parois abdominales, et la neurorétinite comme les meilleures indications de la méningite ; tandis que les taches rosées lenticulaires et l’hémorrhagie intestinale sont pour lui les symptômes les plus caractéristiques de la dothiénentérie (Huguenin) (3).

Cette hémorragie peut cependant se présenter dans la méningite tuberculeuse s’il existe des ulcères tuberculeux sur la membrane muqueuse de l’intestin (obs. IV).

Une méningite véritable peut compliquer la fièvre typhoïde, et dans ce cas la rémission matinale de la température ne s’observe plus (Jaccoud).

Trousseau a observé que la surdité d’un seul côté occa-

(1) Clinique médicale, t. II, p. 297.

(2) Ibid., p. 520.

(3) Ibid., p. 572.

sionnée souvent par une lésion du rocber est plus sérieuse que celle qui affecte les deux oreilles, et qu’elle peut déterminer de la méningite (1). Il rapporte un cas (2) de fièvre typhoïde compliquée de méningite granuleuse dans laquelle la persistance'd’une céphalalgie intense après le commencement du délire, le strabisme, et la dilatation inégale des pupilles, étaient les seuls signes de cette complication. Il n’y avait ni vomissement, ni constipation opiniâtre et le délire était peu intense.

L’observation suivante montre les difficultés du diagnostic qui peuvent exister.

Observation VII.

Fièvre typhoïde à forme ataxique ayant pu se confondre avec une méningite aiguë. Mort. Autopsie.

H. H..., âgée de 16 ans, est entrée le 13 décembre 1879 clans le service du Dr Wilks à Guy’s Hospital, Londres.

La malade a demeuré dans une auberge, chez sa tante. Ses parents souffrent parfois de la céphalalgie, mais la santé d’ailleurs est très-bonne. La malade a contracté pendant son enfance la rougeole. Il y a cinq semaines, elle était prise subitement pendant une promenade de céphalalgie et de douleur lombaire intenses et trèspénibles. Ces douleurs ont persisté pendant une demi-heure, et à partir de cette époque les douleurs de tète revenaient de temps en temps; des vomissements et une sensation de faiblesse inaccoutumée sont venus s’ajouter. Le 6 décembre, la céphalalgie était accompagnée de diarrhée et de douleur abdominale. Le délire existe depuis deux jours; il est très-intense et accompagné de cris et d’agitation. La malade a refusé les aliments, de sorte qu’il a fallu employer la force pour lui donner de la nourriture. Le médecin qui a vu la malade pendant les quatre derniers jours rapporte que sa

(1) Clin, médicale, t. I, p. 270.

(2) Union médicale, 6 août 1859.

Lubbock. 6

température a varié entre 39,4 et 39,8 les matins et entre 39,8 et 40,2 les soirs.

Au moment de son entrée à l’hôpital, elle avait encore du délire. Les pupilles étaient dilatées, mais contractiles sous l'influence de la lumière. L’auscultation et la percussion ne révélaient rien d’anormal au poumon ou au cœur, et les dimensions du foie paraissaient normales. La rate débordait la dernière côte. La peau n’était le siège d’aucune éruption. Urine : pesanteur spécifique, 1,030, épaisse et chargée d’acide urique ; elle contenait un peu d’albumine, mais point de sucre.

Le 14. La nuit dernière, la forme du délire fut telle que la malade criait fortement et éveillait toutes les malades de la salle. Le délire continue ce matin. P. 128, T. 38,2, Resp. 28.

•1 h. 30, soir. L’examen ophthalmoscopique montre qu’il n’y a pas de trouble au fond de l’œil. P. 150, T. 39,5.

7 h. 30, soir. Le délire est toujours très-intense. Les yeux sont ouverts et brillants, les pupilles dilatées. Il n'y a pas de paralysie, les membres se meuvent presque continuellement. P. 140, T. 40,2, Resp. 48.

9 h. 30, soir. On lui a administré de la teinture d’opium (à prendre 2 gouttes quatre fois par jour), dont elle a pris 30 gouttes. A 6 h. 30 du soir, on lui fuit une injection sous-cutanée de morphine, et à 9 h. du soir, le délire était remplacé par une somnolence, et les pupilles étaient contractées. Elle a pris un œuf, du lait et de l’eau-de-vie.

Le 15. Le délire est plus tranquille, et le pouls est plus fort. Les pupilles sont toujours contractées. Dps fuliginosités sur les lèvres et sur les dents.

1 1 h. 30, matin. P. 140, T. 39, Resp. 23.

4 h., soir. Le délire continue, le pouls devient plus petit. Ne peut plus prendre d’aliments par la bouche. P. 164, T. 39,0, Resp. 28.

8 h. 15, soir. Le pouls est très-accéléré, faible et petit. Les mains et les pieds sont froids. Pas d’éruption sur la peau. P. 100, T. 40,8, Resp. 44.

Traitement: De la quinine.

■11 h. soir. T. 40.

Le 10, 8 h. matin. Ce matin, il y a eu des vomissement, les matières vomies étaient constituées par un liquide noirâtre. L’iutelh-

gence revient et la malade demande du lait. P. 134, T. 37,2, Resp. 32.

9b., soir. P. 152, T. 38,2, Resp. 33.

Le 17. Le délire n'est pas continu étant interrompu par des moments de lucidité. P. 136, T. 37,8, Resp. 36.

Le 18. Le délire est plus intense. Evacuations involontaires de matières fécales et d’urine.

Il h. matin. P. 128, T. 37,4, Resp. 36.

9 h. 30, soir. Délire très-intense. P. 154, T. 38,2.

Le 19. La malade succombe tranquillement à 8 b. du matin.

Autopsie. Les membranes du cerveau et le cerveau lui- même paraissaient sains :

Poumons : Le poumon du côté droit était sain, mais le gauclie était atteint de pneumonie lobulaire à sa base. Cœur sain. Intestin. Il y avait de la congestion dans le tiers inférieur de l’intestin grêle, sa membrane muqueuse était d’une couleur ardoisée devenant moins foncée par degrés et plus normale en approchant du tiers moyen. Des ulcérations, les unes ovulaires, les autres de forme irrégulière se voyaient dans la même partie dont le plus grand nombre se voyaient à la partie inférieure de l’intestin grêle. Quelques ulcérations s’observaient aussi dans le gros intestin dans le voisinage de la valvule iléocœcale. Les ganglions mésentériques étaient augmentés de volume et ramollis, et un de ces ganglions présentait des points de suppuration. Le foie, les reins et la rate n’olïraient rien à noter.

Typhus. — Le typhus ne se confond avec la méningite qu’à son début. L’éruption de taches d’un rose sale rappelant celles de la rougeole, entremêlées de taches sous-épidermiques plus pâles, les deux ensemble formant l’éruption muricolore de cette maladie, est caractéristique. Ce n’est donc qu’avant son apparition qui survient ordinairement du quatrième au septième jour que la méprise est possible. Pendant les premiers jours de l’affection, le typhus a tant de ressemblance avec les maladies cérébrales qu’au commencement de ce siècle, il était appelé par plusieurs au-

leurs « la fièvre cérébrale * et ses symptômes étaient regardés comme les conséquences de l’encéphalite.

Le diagnostic reposera sur les particularités suivantes :

1. La céphalalgie, le délire du typhus sont moins intenses. Les cris méningitiques ne s’entendent pas, la céphalalgie cesse presque toujours avant le commencement du délire.

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